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Le SNJT dénonce la condamnation du journaliste Zied El-Heni à quatre ans de prison

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    Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a dénoncé, mardi 27 octobre 2026, la condamnation du journaliste Zied El-Heni à quatre ans de prison par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires terroristes. Le syndicat considère ce verdict comme une nouvelle escalade dans les atteintes à la liberté de la presse et dénonce une affaire qu’il qualifie de montée de toutes pièces.

    La condamnation a été prononcée dans le cadre de l’affaire dite des « fuites audio ». Zied El-Heni avait initialement été entendu en qualité de témoin dans le dossier des enregistrements audio concernant le responsable politique Mondher Ounissi. Les enquêteurs l’avaient notamment interrogé sur ses relations avec ses sources d’information avant que son statut juridique ne soit modifié pour le placer en position d’accusé.

    Quatre chefs d’accusation fondés sur la législation relative à la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent ont été retenus contre le journaliste : constitution d’une organisation terroriste, divulgation de secrets au profit d’une organisation terroriste, non-dénonciation d’un crime terroriste et communication avec des agents d’un État étranger dans le but de les inciter à porter atteinte aux intérêts du pays.

    Dans son communiqué, le SNJT condamne fermement cette peine de quatre ans de prison et estime qu’elle suscite de sérieuses inquiétudes quant au respect des garanties d’un procès équitable.

    Le syndicat dénonce notamment le fait que le verdict ait été rendu sans que les avocats aient pu présenter leurs plaidoiries. Il déplore également le refus d’autoriser Zied El-Heni à comparaître en personne, celui-ci ayant été jugé à distance dans des conditions qui, selon le SNJT, ne lui ont pas garanti le minimum nécessaire à l’exercice de ses droits de la défense. Le syndicat y voit une source supplémentaire d’inquiétude concernant le respect du droit de l’accusé à être présent devant le tribunal et à bénéficier d’un procès équitable.

    Réaffirmant son entière solidarité avec le journaliste, le SNJT dénonce le caractère qu’il estime abusif de la procédure engagée contre lui. Il met en garde contre l’utilisation de la justice pour exercer des pressions sur les journalistes, réduire au silence les voix critiques et intimider l’ensemble de la profession, au risque de favoriser l’autocensure.

    Le syndicat insiste également sur la protection du secret des sources journalistiques, qu’il considère comme un pilier fondamental du libre exercice du métier. Toute atteinte à ce principe constitue, selon lui, une menace grave pour la sécurité des journalistes et de leurs sources, tout en compromettant le droit de la société à accéder à l’information.

    Le SNJT tient les autorités politiques en place pour responsables du climat général marqué, selon lui, par la multiplication des poursuites judiciaires et des restrictions visant les journalistes et la liberté d’expression. Il leur reproche également des politiques qui contribuent à affaiblir les garanties nécessaires à l’exercice d’un journalisme indépendant.

    Le syndicat réclame, en conséquence, la révision du jugement prononcé contre Zied El-Heni et le respect de l’ensemble des garanties de la défense afin de lui assurer un procès équitable. Il demande également l’arrêt des poursuites qu’il juge abusives contre les journalistes en raison de leur activité professionnelle ou de leurs opinions, ainsi que le respect et la protection du secret des sources.

    Le SNJT appelle en outre à mettre fin à l’utilisation des textes législatifs et des procédures judiciaires pour restreindre la liberté d’expression et le travail journalistique. Il exhorte les autorités politiques à assumer leurs responsabilités et à prendre des mesures concrètes pour mettre un terme aux restrictions et garantir l’indépendance de la presse.

    En conclusion, le syndicat affirme que la protection des journalistes et de leurs sources constitue un engagement qui ne saurait faire l’objet de compromis. Il estime que s’en prendre à un seul journaliste revient à menacer la liberté de la presse dans son ensemble ainsi que le droit de la société à une information libre et indépendante.

    S.F

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