Comment l’État tunisien compte-t-il financer son budget en 2027, alors que ses besoins demeurent considérables et que les difficultés rencontrées ces dernières années pour mobiliser certains financements extérieurs continuent de peser sur ses choix ? Entre recours au marché intérieur, concours des bailleurs internationaux et retour envisagé sur les marchés financiers internationaux, le gouvernement mise sur plusieurs sources de financement, dont certaines restent incertaines.
La question est d’autant plus importante que les ressources à mobiliser ne serviront pas uniquement à couvrir le déficit budgétaire. Une part substantielle devra également être consacrée au remboursement des emprunts contractés au cours des exercices précédents. Les résultats de 2025 et l’exécution du budget 2026 montrent, par ailleurs, que les financements effectivement obtenus ne correspondent pas toujours aux prévisions initiales.
Le projet de Loi de finances 2027 (PLF 2027) permet ainsi de mesurer l’ampleur des besoins de l’État, mais aussi de s’interroger sur les moyens dont il dispose réellement pour y répondre.
Selon les annexes du PLF 2027, l’État prévoit de mobiliser 26,72 milliards de dinars d’emprunts, contre 25,86 milliards inscrits dans la Loi de finances 2026, soit une augmentation de 858 millions de dinars, équivalant à 3,32%.
Ces ressources se répartiraient entre 19,84 milliards de dinars d’emprunts intérieurs et 6,88 milliards de dinars d’emprunts extérieurs. Le financement intérieur représenterait ainsi 74,26% du total, contre 25,73% pour les ressources extérieures.
À ces emprunts s’ajouteraient 1,4 milliard de dinars d’autres ressources de trésorerie, dont 200 millions provenant du remboursement de prêts précédemment accordés par le Trésor et 1,2 milliard de ressources diverses. L’ensemble porterait les ressources de financement à 28,12 milliards de dinars.
Sur le marché intérieur, le gouvernement prévoit de mobiliser 8,64 milliards de dinars à travers les bons du Trésor assimilables (BTA) et 1,4 milliard de dinars au moyen des bons du Trésor à 52 semaines.
Les facilités de trésorerie de la Banque centrale de Tunisie (BCT) représenteraient, pour leur part, 9,8 milliards de dinars. Conformément à l’article 12 du PLF 2027, ce financement serait accordé sans intérêts et remboursable sur quinze ans, dont trois années de grâce. Cette enveloppe serait inférieure aux onze milliards autorisés par la Loi de finances 2026 et aux 11,45 milliards figurant dans les résultats attendus pour cet exercice.
La comparaison avec 2026 révèle toutefois une évolution contrastée. Les ressources attendues des BTA passeraient de 4,84 milliards de dinars initialement prévus à 8,64 milliards en 2027, tandis que celles des bons du Trésor à 52 semaines diminueraient de 2,5 milliards à 1,4 milliard.










