Alors que l’épidémie de maladie à virus Ebola liée à la souche Bundibugyo continue de progresser en République démocratique du Congo (RDC) et que des cas ont été signalés au Kenya et au Nigeria, la Tunisie affirme se tenir prête à faire face à une éventuelle urgence sanitaire.
C’est ce qu’a indiqué le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, mercredi 28 octobre 2026, lors d’une réunion ministérielle virtuelle organisée par les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), consacrée au renforcement de la surveillance épidémiologique et de la coordination entre les pays africains.
Selon un communiqué du département, les échanges ont porté sur trois priorités : renforcer la surveillance épidémiologique et les mécanismes d’alerte précoce, intensifier les mesures de prévention afin de limiter la propagation de l’infection au-delà des frontières et améliorer la coordination entre les États pour accélérer la réponse sanitaire.
À cette occasion, Mustapha Ferjani a réaffirmé que le système de santé tunisien était préparé à assurer la surveillance et à faire face aux urgences sanitaires. Il a également souligné l’engagement du pays en faveur de la coopération africaine pour protéger les populations et contenir la propagation de l’épidémie.
Le dernier bilan publié le 28 octobre par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), sur la base des données disponibles jusqu’au 26 octobre, la République démocratique du Congo a enregistré 10.141 cas confirmés et 4 928 décès liés au virus Bundibugyo. L’épidémie touche huit provinces du pays, où la transmission communautaire se poursuit.
Le Kenya a, pour sa part, recensé neuf cas confirmés, dont deux décès, dans un foyer lié à un premier cas importé de RDC. Le dernier cas signalé dans ce groupe remonte au 20 octobre. Au Nigeria, un cas a également été signalé le 20 octobre chez une personne ayant voyagé depuis l’Ouganda. Le patient a ensuite été évacué médicalement vers la Suisse. Les autorités sanitaires poursuivent les investigations épidémiologiques et le suivi des personnes ayant été en contact avec les cas identifiés.
La maladie à virus Ebola est une infection grave, souvent mortelle, qui se transmet principalement par contact direct avec le sang ou les autres liquides biologiques d’une personne infectée présentant des symptômes, ou d’une personne décédée de la maladie. La transmission peut également survenir par l’intermédiaire d’objets contaminés.
Après une période d’incubation de deux à 21 jours, les premiers symptômes peuvent inclure une fièvre soudaine, une fatigue intense, des douleurs musculaires, des maux de tête et des maux de gorge. Des manifestations digestives, notamment des vomissements, des diarrhées et des douleurs abdominales, peuvent ensuite apparaître. Ces signes étant susceptibles de ressembler à ceux d’autres maladies infectieuses, la confirmation repose sur des examens de laboratoire.
L’épidémie actuelle présente une difficulté supplémentaire : elle est provoquée par le virus Bundibugyo, une souche distincte de celle responsable de nombreuses épidémies historiques d’Ebola. Les vaccins autorisés contre la souche Zaïre ne peuvent pas être considérés comme une protection homologuée contre le virus Bundibugyo. Un essai clinique de phase 2/3 portant sur des candidats vaccins a été lancé à Bunia, en RDC, le 23 octobre, afin d’évaluer des pistes de protection contre cette souche.
Dans ce contexte, la surveillance des cas suspects, l’isolement rapide des personnes infectées, le suivi de leurs contacts et le respect des mesures de prévention et de contrôle des infections demeurent essentiels pour limiter les chaînes de transmission.
N.J










