L’utilisation croissante des outils gratuits d’intelligence artificielle s’accompagne de nouveaux risques pour la sécurité des données personnelles. Derrière certaines applications qui promettent des services similaires à ceux des plateformes les plus connues peuvent se cacher des dispositifs frauduleux destinés à récupérer les informations confidentielles des utilisateurs.
C’est ce qu’a expliqué, sur la Radio nationale, Mohamed Ali Ben Mabrouk, représentant de l’Agence nationale de la cybersécurité (ANCS), lors d’une intervention consacrée aux précautions à prendre avant de télécharger et d’utiliser ces applications.
La multiplication des services gratuits d’intelligence artificielle impose une vigilance accrue, notamment face aux applications qui imitent l’apparence et les fonctionnalités de plateformes légitimes. Leur objectif peut être de tromper les utilisateurs afin d’accéder à leurs données personnelles.
Pour limiter ces risques, Mohamed Ali Ben Mabrouk recommande de toujours passer par le site officiel du service recherché, plutôt que de suivre des liens reçus par message ou découverts dans des publicités en ligne. Il préconise également de télécharger les applications exclusivement depuis les boutiques officielles, Google Play ou l’App Store.
Mais cette précaution ne suffit pas. Le responsable souligne qu’un logo familier ne constitue pas une garantie d’authenticité. Il conseille ainsi de vérifier systématiquement l’identité du développeur, la description de l’application, la date de sa dernière mise à jour ainsi que les avis des utilisateurs, particulièrement ceux signalant des comportements suspects.
Autre point de vigilance : les autorisations réclamées lors de l’installation. Une application destinée à répondre à des questions, à produire des textes ou à effectuer des analyses n’a pas nécessairement besoin d’accéder à l’ensemble des fonctionnalités du téléphone. Toute demande d’autorisation sans rapport avec le service proposé doit donc éveiller les soupçons.
Mohamed Ali Ben Mabrouk a également détaillé les conséquences possibles du vol d’identifiants, notamment ceux des comptes Google et Facebook. Des cybercriminels pourraient s’en servir pour usurper l’identité de leurs victimes, accéder à d’autres services en ligne ou encore effectuer des achats frauduleux.
La compromission d’un compte Google pourrait, dans certaines circonstances, permettre également d’accéder à des équipements associés à ce compte, notamment des smartphones ou des téléviseurs connectés.
Face à ces menaces, le représentant de l’ANCS appelle les utilisateurs à redoubler de prudence et à vérifier l’authenticité des applications avant toute installation.
Son avertissement vise avant tout les applications frauduleuses qui exploitent l’engouement pour l’intelligence artificielle. La gratuité d’un service ne signifie pas nécessairement qu’il est dangereux, mais elle ne dispense en aucun cas de vérifier sa fiabilité et les conditions d’accès aux données personnelles.
M.B.Z










