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Ali Karoui réclame 1,4 million de dinars au CAB au nom des héritiers de son père

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Par Myriam Ben Zineb

    La crise financière qui secoue le Club athlétique bizertin (CAB) prend une dimension familiale. Alors que la réclamation de 1,4 million de dinars formulée par les héritiers de son ancien président, Ahmed Karoui, a contribué à la démission du comité directeur provisoire, le styliste tunisien Ali Karoui sort de son silence. Dans un long message publié sur les réseaux sociaux, il défend la mémoire de son père, évoque les sacrifices consentis pour le club et assure que sa famille ne réclame que l’exécution d’une décision de justice. Il révèle notamment que les héritiers ont dû vendre un appartement et une ferme pour rembourser des dettes contractées au profit du CAB.

    L’affaire a pris une nouvelle tournure vendredi 30 octobre 2026, avec l’annonce de la démission du comité directeur provisoire du Club athlétique bizertin. Déjà confronté à une situation financière particulièrement difficile, le club doit désormais faire face à une réclamation de ses anciens dirigeants, portée cette fois par les héritiers d’Ahmed Karoui, son ancien président.

    Selon les informations rapportées par plusieurs médias, la famille Karoui a adressé, en début de semaine, une correspondance officielle à la direction du CAB, réclamant le règlement d’environ 1,4 million de dinars, au titre d’anciennes créances et de frais de justice.

    Cette correspondance aurait également mis en garde les responsables du club contre toute utilisation de ses fonds avant le règlement des sommes dues, en évoquant la possibilité de poursuites judiciaires.

    Vendredi, le porte-parole du CAB, Saber Ben Barka, a confirmé sur Diwan FM la démission du comité directeur provisoire. Il a expliqué cette décision par l’accumulation des dettes et les difficultés financières du club, citant notamment les sommes réclamées par les héritiers d’Ahmed Karoui.

    Le différend ne date pourtant pas d’hier. Selon la famille, les sommes revendiquées ont fait l’objet d’un jugement rendu en faveur de l’ancien président du CAB, décédé en 2017. Ses héritiers demandent aujourd’hui l’exécution de cette décision judiciaire, dont les modalités précises n’ont pas été rendues publiques.

    « Nous avons dû vendre un appartement et une ferme »

    C’est dans ce contexte particulièrement tendu qu’Ali Karoui, fils du défunt président et styliste tunisien de renommée internationale, a choisi de prendre publiquement la parole.

    Son message dépasse largement la question du montant réclamé. Il raconte les conséquences personnelles et financières de l’engagement de son père au service du CAB, mais aussi le sentiment d’injustice qui anime sa famille depuis plusieurs années.

    « Mon père a consacré sa vie au Club athlétique bizertin et à Bizerte. Il a donné son temps, son argent et sa santé. Il a aidé, soutenu et payé, souvent au détriment de lui-même et de sa famille », écrit-il.

    Ali Karoui affirme que son père avait engagé des dépenses importantes pour soutenir le club, au point de contracter des dettes bancaires dont les conséquences auraient continué à peser sur ses proches après sa disparition.

    « Ni ses sacrifices. Ni ses blessures. Ni les dettes bancaires laissées par les dépenses qu’il avait engagées pour le CAB. Pour les rembourser, nous avons dû vendre un appartement et une ferme. Voilà ce que cette histoire a coûté à notre famille », confie-t-il.

    Une révélation qui apporte un éclairage personnel sur un dossier jusqu’ici principalement abordé sous l’angle des difficultés financières du club. Pour les héritiers, la créance revendiquée ne représente pas seulement une somme inscrite dans les comptes du CAB, mais aussi une partie du patrimoine familial sacrifiée pour soutenir l’institution sportive.

    Un jugement dont la famille réclame l’exécution

    Ali Karoui insiste sur un point : sa famille n’entend pas renoncer à une somme qu’elle considère comme légalement acquise.

    « Aujourd’hui, son épouse et ses enfants réclament une somme reconnue par un jugement rendu en sa faveur. Nous réclamons l’exécution de ce jugement. Cet argent lui était dû. Il nous revient désormais de droit », affirme-t-il.

    Il rappelle que son père avait lui-même tenté, pendant des années, de récupérer une partie des fonds engagés, sans y parvenir de son vivant.

    Depuis son décès, explique-t-il, les héritiers ont poursuivi les démarches judiciaires, multipliant les interventions d’avocats et d’huissiers, avec les frais et les contraintes que cela implique.

    « Combien de temps une famille doit-elle encore se battre pour qu’une décision de justice soit respectée ? », interroge-t-il.

    Le créateur de mode dénonce également l’attitude de certaines personnes qui, selon lui, sollicitaient volontiers l’aide de son père lorsqu’il était à la tête du club, mais auraient ensuite oublié les engagements pris à son égard.

    « Avant de nous donner des leçons d’amour du club… »

    La démission du comité directeur provisoire et les difficultés financières du CAB ont placé les héritiers d’Ahmed Karoui au centre d’une controverse. Ali Karoui affirme que sa famille fait désormais l’objet d’insultes et de menaces.

    Il refuse toutefois que l’attachement au club soit utilisé pour lui demander de renoncer aux droits revendiqués par les siens.

    « Alors, avant de nous donner des leçons d’amour du club, regardez ce que mon père a donné. Regardez ce que sa famille a payé. Et demandez-vous ce que vous auriez accepté de sacrifier à notre place », lance-t-il.

    Une partie de l’argent destinée aux enfants malades

    Au-delà du différend judiciaire, Ali Karoui annonce vouloir donner une dimension solidaire à l’issue de cette affaire.

    Il prend ainsi l’engagement public de reverser une partie de la somme qui lui reviendra, si elle est effectivement versée, à une association venant en aide aux enfants malades en Tunisie.

    Un geste qu’il présente comme un hommage à la générosité de son père et aux valeurs transmises à ses enfants.

    Cette affaire intervient alors que le CAB traverse une période de grande fragilité financière. Début octobre, les responsables du club avaient déjà exposé publiquement l’ampleur des dettes accumulées et les difficultés rencontrées pour honorer ses engagements.

    La réclamation des héritiers Karoui vient ainsi s’ajouter à un passif qui compromet la stabilité administrative et financière du club. La démission du comité directeur provisoire illustre la difficulté de concilier la continuité de la gestion sportive avec le règlement des engagements financiers hérités des précédentes directions.

    Reste désormais à déterminer dans quelles conditions le jugement invoqué par la famille pourra être exécuté et quelles solutions permettront au CAB de surmonter cette nouvelle crise.

    Pour Ali Karoui, le débat ne devrait toutefois pas opposer l’amour du club au respect des droits de ceux qui l’ont servi.

    M.B.Z

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