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Féminicide de Jebel Jelloud : après la mort de Mayssem, Aswat Nissa appelle à une mobilisation urgente

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Par Sarra Hlaoui

    Elle s’appelait Mayssem. Elle était mère de trois enfants, dont un nourrisson âgé d’à peine quarante jours. Dimanche 1er novembre 2026, sa vie a été brutalement interrompue à Jebel Jelloud, dans la banlieue sud de Tunis. Son mari est soupçonné de l’avoir tuée à coups de couteau. Derrière ce nouveau féminicide, trois enfants se retrouvent privés de leur mère et une famille confrontée à une tragédie irréversible.

    Au lendemain du drame, l’association Aswat Nissa a pris la parole. Dans une publication diffusée le 2 novembre, elle a dénoncé un nouveau meurtre de femme et appelé à une mobilisation féministe et citoyenne urgente pour mettre fin à ces violences.

    « Mayssem n’est pas un chiffre, mais une femme à qui l’on a retiré le droit de vivre, et des enfants laissés face à un crime qui ne s’effacera pas de leur mémoire », souligne l’association.

    En insistant sur le prénom de la victime, Aswat Nissa entend rappeler que derrière chaque féminicide se trouve une vie brisée, une famille endeuillée et des enfants qui devront grandir avec les conséquences d’un crime dont ils ne sont pas responsables.

    « Le meurtre des femmes n’est pas une affaire familiale »

    L’association refuse de considérer ces crimes comme de simples drames privés ou des faits isolés. « Le meurtre des femmes n’est pas une affaire familiale ni un incident isolé, mais une question politique et une responsabilité de l’État », affirme-t-elle.

    Un appel qui prend une résonance particulière au regard des éléments rapportés après le meurtre de Jebel Jelloud. Selon les déclarations de Chokri Mohamed Manaï, membre du conseil local de Jebel Jelloud, la victime aurait subi des violences conjugales répétées et des menaces de mort avant le passage à l’acte. L’élu avait notamment évoqué des menaces particulièrement explicites rapportées par l’entourage de la jeune femme.

    Ces éléments, qui reposent sur des témoignages et restent à établir dans le cadre de l’enquête, soulèvent une nouvelle fois la question de la protection des femmes confrontées à des violences au sein de leur foyer. Comment une situation marquée par des violences et des menaces peut-elle aboutir à un meurtre ? Et quels mécanismes permettent d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard ?

    Aswat Nissa appelle ainsi l’État à assumer ses responsabilités, à garantir une protection effective aux femmes et à mettre fin à l’impunité. L’association plaide également pour une mobilisation de la société face à des crimes qui ne peuvent être relégués au rang de simples faits divers.

    Des chiffres qui rappellent l’urgence

    Le féminicide de Mayssem vient s’ajouter à une série de crimes qui inquiètent les organisations féministes. Les données publiées par Aswat Nissa et la campagne « Féminicides Tunisie » font état d’une progression du nombre de cas recensés : six en 2018, 25 en 2023, 29 en 2024 et 30 en 2025.

    En sept ans, le nombre de féminicides recensés a ainsi été multiplié par cinq. Des chiffres qui donnent une dimension collective à chaque drame individuel et relancent le débat sur l’efficacité des dispositifs de prévention et de protection.

    À Jebel Jelloud, le prénom de Mayssem rappelle désormais ce que ces statistiques ne peuvent raconter à elles seules : une femme a perdu la vie, trois enfants ont perdu leur mère et des proches doivent faire face à une absence irréparable.

    En appelant à une mobilisation urgente, Aswat Nissa pose une question qui dépasse cette seule affaire : combien de femmes devront encore mourir avant que les violences et les menaces qui les précèdent soient prises en charge à temps ?

    S.H

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