Le secteur du transport des carburants repart vers un nouveau bras de fer social. Après les mouvements de protestation d’août et le préavis de grève déposé pour septembre, les travailleurs annoncent désormais trois jours de grève à la fin du mois de novembre. Le conflit reste centré sur l’application de l’accord du 2 mai 2019 et les revendications professionnelles et sociales des salariés.
À l’origine de cette nouvelle mobilisation prévue les 23, 24 et 25 novembre 2026. : le non-respect, selon les représentants syndicaux, de l’accord conclu le 2 mai 2019 et l’absence de règlement des revendications professionnelles et sociales des salariés. Le mouvement annoncé concernera l’ensemble des entreprises du secteur, sur tout le territoire national.
Dans le préavis de grève, les représentants des travailleurs ont invoqué les dispositions des articles 376 bis et 376 ter du Code du travail estimant que cette situation porte atteinte aux droits professionnels et sociaux des salariés du secteur.
Ils ont appelé les autorités et les différentes parties concernées à intervenir en urgence afin de trouver une issue au différend pour éviter ainsi le recours à la grève.
Cette nouvelle annonce intervient après plusieurs épisodes de tension dans le transport des hydrocarbures, un secteur stratégique dont dépend directement l’approvisionnement des stations-service et, plus largement, la continuité de nombreuses activités économiques.
Le 20 août 2026, un mouvement spontané de chauffeurs de camions-citernes avait déjà perturbé le transport des carburants, notamment dans la zone pétrolière de Radès. L’arrêt de travail avait provoqué des difficultés d’approvisionnement dans plusieurs stations-service et de longues files d’attente, particulièrement dans le Grand Tunis. Le mouvement avait finalement été levé dans la soirée après des interventions syndicales et des contacts avec les différentes parties.
Quelques jours plus tard, à la suite d’une réunion tenue le 26 août au siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), les représentants syndicaux avaient annoncé une grève sectorielle pour les 23 et 24 septembre. Les revendications portaient notamment sur la couverture sociale des travailleurs auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et l’application de l’accord du 2 mai 2019.
À l’approche de cette échéance, les négociations s’étaient poursuivies sans aboutir à un compromis définitif. L’UGTT avait maintenu la mobilisation, tandis que l’Utica avait contesté la légalité du mouvement et défendu une lecture différente des engagements de 2019.
L’organisation patronale avait notamment soutenu que le procès-verbal du 2 mai 2019 était devenu caduc, considérant que ses dispositions avaient été dépassées par les accords salariaux intervenus depuis. Elle avait également affirmé que les difficultés relatives aux cotisations sociales concernaient deux entreprises dont la situation avait, depuis, été régularisée.
De son côté, la partie syndicale avait continué à réclamer l’application des engagements antérieurs et dénoncé l’absence de solutions concrètes, malgré les démarches de conciliation engagées.
Avec ce nouveau préavis, le conflit revient donc au premier plan. Reste à savoir si les autorités et les représentants des entreprises parviendront à débloquer les négociations avant le 23 novembre. À défaut, le secteur du transport des carburants pourrait connaître une nouvelle interruption de ses activités, avec les risques de perturbation de l’approvisionnement que cela comporte.
N.J










