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À Hassi El Ferid, réclamer le développement mène à une convocation policière

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Par Sarra Hlaoui

    Réclamer des routes praticables, de l’eau potable, des structures de santé et des équipements publics. À Hassi El Ferid, dans le gouvernorat de Kasserine, ces revendications, portées par des habitants de la région, sont désormais au cœur d’une affaire judiciaire. L’enseignant et militant Nooman Mhamdi a annoncé sa convocation, mercredi 4 novembre 2026, devant la brigade de recherches et d’investigation de Kasserine, à la suite d’une plainte déposée par le délégué de Hassi El Ferid.

    Nooman Mhamdi qualifie la plainte de « malveillante », sans que les motifs précis de celle-ci soient détaillés dans les éléments disponibles.

    L’affaire intervient dans un contexte de tensions autour des revendications de développement dans cette délégation de l’ouest tunisien, présentée comme la plus pauvre du pays.

    Une pétition signée par 300 habitants

    Au cœur de la contestation figurent des demandes concrètes : l’aménagement des pistes agricoles, l’accès à l’eau potable, la réhabilitation du périmètre irrigué et la création d’un dispensaire dans la région. Les habitants ont également réclamé le départ du délégué de Hassi El Ferid, qu’ils considèrent comme un obstacle à la satisfaction de leurs revendications.

    Pour formaliser leurs demandes, quelque 300 citoyens auraient signé une pétition. Le recours à cette démarche, présentée par les initiateurs comme une forme pacifique de protestation, n’aurait toutefois pas permis d’apaiser les tensions.

    Dans une publication consacrée à la situation, Nooman Mhamdi affirme que le délégué aurait tenté de convaincre des signataires de retirer leurs signatures. Il l’accuse également d’avoir exercé des pressions sur des habitants, en tirant parti de leur besoin de voir leurs conditions de vie s’améliorer.

    La convocation de l’enseignant intervient ainsi sur fond de désaccord autour de la gestion de ces revendications locales. À ce stade, les informations disponibles ne permettent toutefois pas d’établir un lien juridique direct entre la pétition et la plainte déposée contre lui.

    Quand les revendications sociales se retrouvent sur le terrain judiciaire

    Au-delà du cas de Nooman Mhamdi, cette affaire remet en lumière les difficultés auxquelles sont confrontées certaines régions de l’intérieur du pays, où les demandes en matière de développement, d’emploi et d’accès aux services publics restent pressantes.

    Dans son message, le militant insiste sur le caractère légitime de ces revendications. Routes, transport scolaire, santé, éducation, eau potable et environnement sain ne relèvent pas, selon lui, de faveurs accordées par les autorités, mais de droits fondamentaux auxquels les citoyens doivent pouvoir prétendre.

    La question est d’autant plus sensible à Hassi El Ferid que les insuffisances en matière d’infrastructures et de services publics nourrissent depuis longtemps le sentiment de marginalisation exprimé par les habitants.

    En annonçant sa convocation, Nooman Mhamdi donne à cette affaire une dimension supplémentaire : celle du traitement réservé à ceux qui relaient les revendications locales et contestent la gestion des affaires publiques. Il affirme être visé par une plainte qu’il juge infondée, tandis que les circonstances précises de la procédure restent à éclaircir.

    La convocation prévue mercredi 4 novembre constitue désormais la prochaine étape de cette affaire. Reste à connaître les motifs exacts de la plainte et les suites que lui réserveront les autorités judiciaires.

    S.H

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