Donald Trump ne figure sur aucun bulletin de vote. Pourtant, c’est bien sa capacité à gouverner qui se joue, mardi 3 novembre 2026, dans les urnes américaines. Deux ans après son retour à la Maison-Blanche, le président républicain affronte un scrutin susceptible de bouleverser les rapports de force à Washington. Les élections de mi-mandat, les « midterms », pourraient permettre aux démocrates de reprendre le contrôle d’une ou des deux chambres du Congrès. Un scénario qui transformerait profondément les deux dernières années de son mandat, sur fond de mécontentement économique, de guerre avec l’Iran et de défiance envers son administration.
Les Américains ne choisissent pas un nouveau président. Ils désignent les parlementaires qui auront, pendant les deux prochaines années, la possibilité de soutenir ou de contrarier son action. Dans le système institutionnel américain, où le Congrès détient d’importants pouvoirs législatifs, budgétaires et de contrôle, l’enjeu est considérable.
Depuis janvier 2025, Donald Trump bénéficie d’un Congrès dominé par les républicains. Cette configuration a facilité la mise en œuvre de ses orientations politiques, malgré des majorités relativement étroites. Sa remise en cause pourrait ouvrir une période de confrontation institutionnelle.
Les sondages donnent actuellement les démocrates favoris pour reconquérir la Chambre des représentants. La bataille pour le Sénat s’annonce plus incertaine. Et si les enquêtes d’opinion suggèrent une dynamique favorable à l’opposition, elles ne permettent pas de mesurer avec certitude l’ampleur d’un éventuel basculement.
Tous les deux ans, les États-Unis renouvellent l’intégralité des 435 sièges de la Chambre des représentants. Chaque État dispose d’un nombre de représentants déterminé en fonction de sa population, les élus exerçant un mandat de deux ans.
Au Sénat, le renouvellement est partiel. Cette année, 35 des cent sièges sont en jeu. Les sénateurs sont élus pour six ans et chaque État en possède deux, indépendamment de sa population.
Cette différence est essentielle pour comprendre les enjeux électoraux. Alors que la Chambre des représentants reflète davantage la répartition démographique du pays, le Sénat accorde un poids institutionnel identique à des États très inégalement peuplés.
À la veille du scrutin, les républicains détiennent 218 sièges à la Chambre des représentants, contre 214 pour les démocrates. Un élu indépendant siège aux côtés des républicains et deux sièges sont vacants. La majorité absolue étant fixée à 218 sièges, les démocrates doivent réaliser un gain net d’au moins quatre sièges pour prendre le contrôle de cette chambre.
Au Sénat, les républicains disposent de 53 sièges, contre 47 pour le groupe démocrate, qui comprend deux indépendants. L’opposition doit donc réaliser un gain net de quatre sièges pour atteindre la majorité de 51 sièges. En cas de partage à 50 contre 50, les républicains conserveraient l’avantage grâce à la voix prépondérante du vice-président JD Vance.
L’histoire électorale américaine joue également contre le camp présidentiel. Depuis la Seconde Guerre mondiale, le parti du président en exercice a perdu des sièges à la Chambre des représentants lors de presque toutes les élections de mi-mandat.










