La proposition semblait porter sur une question précise : faut-il soumettre au vote populaire une éventuelle révision du Code du statut personnel (CSP) pour autoriser la polygamie ? Mais, aux yeux de la députée Fatma Mseddi, le débat ouvert par son collègue Abdessattar Zarai pourrait bien dépasser de loin la question du mariage. Derrière cet appel au référendum, elle entrevoit une tentative de remettre en chantier la Constitution et, avec elle, les acquis des femmes.
Mercredi 4 novembre 2026, le député à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Abdessattar Zarai, a appelé le président de la République à organiser un référendum populaire sur la réforme du Code du statut personnel (CSP) et la question de la polygamie. « J’ai appelé le président de la République à organiser un référendum populaire sur la réforme du Code du statut personnel et la polygamie. C’est au peuple d’en décider », a-t-il déclaré.
Dans une intervention de plus de dix minutes, le député s’est interrogé sur les raisons qui empêcheraient aujourd’hui, selon lui, de débattre du CSP. Il a notamment contesté l’appellation du ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées, préférant le désigner comme le « ministère de la Famille ». Selon lui, certaines dispositions du Code portent atteinte à l’institution familiale et justifient une révision du texte. « Le CSP doit être soumis au Parlement et amendé », a-t-il soutenu.
Cette réforme devrait, selon ses termes, bénéficier en priorité à l’enfant, mais aussi à la femme et à l’homme. « Devons-nous créer un ministère de l’Homme ? », a-t-il ironisé. Il a toutefois précisé que la femme qu’il entend défendre est avant tout, selon sa conception, « la mère vertueuse, l’épouse vertueuse, la sœur vertueuse et la fille vertueuse ».










