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Attaque à l’école maternelle de Nice : la suspecte d’origine tunisienne mise en examen et écrouée

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Photo : Valery HACHE / AFP

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    La femme de 36 ans qui avait menacé, lundi 2 novembre, la directrice et une enseignante d’une école maternelle à Nice, en France, a été mise en examen et placée en détention provisoire mercredi 4 novembre. Née en Tunisie, elle fait désormais l’objet de plusieurs chefs d’accusation, notamment pour tentative de meurtre sur un enseignant, a annoncé le parquet.

    L’affaire avait suscité l’attention en Tunisie en raison de l’origine tunisienne de la mise en cause. La mère de quatre enfants, qui se trouve en situation irrégulière en France, avait fait irruption lundi matin à l’école maternelle Clément-Roassal, dans un quartier proche du centre de Nice, armée d’un couteau et d’une arme à feu.

    Déférée devant un juge d’instruction mercredi à la mi-journée, elle a été mise en examen pour tentative de meurtre sur un enseignant, séquestration, port d’arme et détention frauduleuse de documents administratifs.

    Au cours de ses deux jours de garde à vue, la suspecte a contesté les violences qui lui sont reprochées. Elle a toutefois reconnu avoir actionné son arme à plusieurs reprises, tout en affirmant savoir qu’elle était vide. Elle a également exprimé des regrets.

    Selon les premiers éléments de l’enquête, la femme s’était présentée à l’établissement après avoir confié ses deux plus jeunes enfants à une connaissance. Elle avait demandé à rencontrer la directrice et était restée près d’une heure dans son bureau, filmant une partie de leurs échanges avec son téléphone.

    Elle avait notamment évoqué des accusations d’agressions sexuelles dont l’un de ses enfants aurait été victime. Toutefois, aucune plainte ni aucun signalement n’avait été enregistré à ce sujet, selon les déclarations du procureur de la République.

    Durant cette rencontre, elle aurait frappé la directrice avant de pointer son arme dans sa direction et d’actionner la détente, sans qu’aucun coup ne parte. Une enseignante croisée à la sortie du bureau aurait également été giflée et menacée avec l’arme.

    La suspecte avait ensuite quitté les lieux avant d’être localisée grâce aux caméras de vidéosurveillance et interpellée à son domicile, dans une rue voisine. Lors de la perquisition, les enquêteurs ont découvert un couteau Laguiole ainsi que plusieurs passeports, dont certains pourraient être falsifiés. L’arme à feu, elle, n’a pas été retrouvée.

    Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait évoqué mardi devant les députés une arme « heureusement factice ». Le procureur a toutefois indiqué que, sur les images filmées par la suspecte, celle-ci apparaissait comme un « pistolet automatique », tandis que la directrice avait déclaré avoir perçu une arme en métal.

    La situation administrative et le parcours de la mise en cause font également partie des éléments examinés. Déjà suivie pour radicalisation islamiste et assignée à domicile, elle avait été reconduite en Tunisie en 2019 avant d’être de nouveau interpellée en France en 2023. Elle était depuis soumise à une obligation de pointage régulier au commissariat, dans le cadre d’une interdiction administrative de territoire.

    Par ailleurs, la femme est partie civile dans une autre affaire judiciaire visant le père de ses deux plus jeunes enfants, lui-même mis en examen pour tentative d’homicide et violences habituelles sur conjoint.

    Le ministre français de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé qu’il se rendrait à Nice en fin de semaine afin de rencontrer les victimes et de s’assurer qu’elles bénéficient de la protection et de l’accompagnement nécessaires.

    BN avec AFP

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