Le meurtre de Leïla Ben Salem, une Tunisienne de 45 ans sauvagement tuée dans son appartement à Montréal, connaît un nouveau rebondissement aussi troublant que dramatique. Youcef Moussaoui, l’homme de 33 ans poursuivi pour cet homicide, est décédé lundi 2 novembre 2026 alors qu’il était détenu dans l’attente de son procès. Une disparition qui risque de laisser en suspens de nombreuses questions sur les circonstances et les véritables motivations de ce crime.
Arrêté le 15 octobre par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Youcef Moussaoui avait été formellement inculpé de meurtre prémédité. Il était depuis incarcéré à l’Établissement de détention de Montréal, communément appelé prison de Bordeaux, dans l’attente de sa comparution devant la justice.
Selon des informations rapportées par la presse canadienne, le trentenaire aurait été hospitalisé le 22 octobre, après une tentative présumée de suicide en détention. Il aurait succombé à la suite de cet épisode. Le Bureau du coroner a confirmé avoir été informé de son décès le 2 novembre et a indiqué qu’une investigation était en cours afin d’en déterminer les circonstances.
La mort du principal suspect intervient alors que l’enquête judiciaire n’avait pas encore permis de faire toute la lumière sur ce meurtre. Elle prive potentiellement les proches de la victime, mais aussi les enquêteurs, d’un éclairage essentiel sur les raisons qui ont conduit à la mort de cette mère de famille.
Le 16 octobre, le quotidien canadien La Presse avait évoqué la piste d’un différend financier parmi les principales hypothèses examinées par les enquêteurs. Les autorités policières avaient, pour leur part, précisé que la relation entre Youcef Moussaoui et Leïla Ben Salem n’était pas de nature conjugale. L’homme ne présentait par ailleurs aucun antécédent judiciaire connu.
D’après les informations publiées par les médias canadiens, le suspect avait été placé dans un secteur réservé aux détenus considérés comme présentant des risques particuliers. Son régime de détention aurait été particulièrement strict, avec une sortie quotidienne de cellule limitée à deux heures, lorsque les effectifs pénitentiaires le permettaient. Des sources citées par la presse ont également dénoncé des conditions d’incarcération particulièrement difficiles, évoquant notamment l’insalubrité des lieux, la vétusté du système de vidéosurveillance et une alimentation jugée insuffisante.
Le trentenaire aurait initialement été placé sous observation, compte tenu de la gravité des faits qui lui étaient reprochés et dans l’attente de son affectation définitive à un secteur de détention.
Leïla Ben Salem avait été retrouvée sans vie, le 22 septembre 2026, dans son appartement du boulevard René-Lévesque, dans l’arrondissement de Ville-Marie, à Montréal. Cette ressortissante tunisienne travaillait à l’Agence du revenu du Canada et participait à une réunion professionnelle en visioconférence lorsqu’elle a été agressée.
Un collègue, qui aurait assisté à la scène à distance, avait immédiatement alerté les services d’urgence. À leur arrivée, les policiers avaient découvert la victime inconsciente. Malgré les tentatives de réanimation, son décès avait été constaté sur place.
L’enquête, initialement ouverte pour une mort suspecte, avait rapidement été requalifiée en homicide et confiée à la Section des crimes majeurs du SPVM. Après plusieurs semaines d’investigations, Youcef Moussaoui avait finalement été arrêté et poursuivi pour meurtre prémédité.
Mère d’un garçon de 12 ans, Leïla Ben Salem avait quitté la Tunisie en janvier 2013 et venait récemment d’acquérir un logement à Montréal. Sa mort avait profondément marqué la communauté tunisienne, bouleversée par la brutalité des circonstances de cet homicide.
Désormais, avec la disparition de celui qui devait répondre de ce crime devant la justice, une nouvelle page s’ouvre dans cette affaire. Mais elle ne promet guère d’apporter les réponses attendues. Le mobile exact, le déroulement précis de l’agression et les éventuelles motivations de l’auteur présumé pourraient rester durablement enveloppés de zones d’ombre.
N.J











