Un avion civil en détresse, un crash simulé en mer et une mobilisation des moyens de secours. L’île de Djerba accueillera, mardi 10 novembre 2026, l’exercice national de recherche et de sauvetage « JILIJE 2026 », destiné à éprouver la capacité de réaction des structures tunisiennes face à un accident aérien en milieu maritime.
Cet exercice grandeur nature réunira plusieurs institutions civiles, militaires et sanitaires autour d’un scénario impliquant une opération complexe de recherche et de sauvetage, et ce dans le cadre du programme national des exercices et opérations blanches pour l’année 2026.
L’objectif est notamment de mesurer le degré de préparation du dispositif national de recherche et de sauvetage des aéronefs en situation de détresse, mais aussi d’évaluer la capacité des différentes structures à coordonner leurs interventions. L’exercice permettra également de tester l’efficacité du plan régional d’organisation des secours et de lutte contre les catastrophes dans le gouvernorat de Médenine.
Le scénario retenu se déroulera en deux phases. La première simulera une situation d’urgence à l’aéroport international de Djerba-Zarzis. La seconde consistera à déclencher une opération nationale de recherche et de sauvetage d’un avion en détresse en mer, avec activation du dispositif d’alerte et mobilisation coordonnée des unités aériennes, maritimes et des différents services concernés.
La particularité de ce scénario tient à la nature même des interventions qu’il implique. Contrairement à un accident survenu à proximité d’un aéroport ou sur la terre ferme, un crash en mer impose des contraintes opérationnelles supplémentaires : localisation de l’appareil, délimitation de la zone de recherche, mobilisation de moyens navals et aériens, coordination des communications et prise en charge des éventuels survivants dans un environnement difficile d’accès.
La rapidité de la chaîne d’alerte constitue alors un facteur déterminant. Entre le signalement de la situation de détresse, la transmission des informations aux centres de coordination, le déploiement des moyens de recherche et l’organisation des secours, chaque étape doit s’inscrire dans une procédure clairement définie. Les unités engagées doivent notamment pouvoir partager les informations disponibles, répartir les secteurs de recherche et adapter leurs interventions à l’évolution de la situation.
Ces simulations ne se limitent pas à vérifier la disponibilité des équipements ou des moyens humains. Elles servent surtout à éprouver les procédures opérationnelles, à identifier les éventuelles ruptures dans la chaîne de commandement et à mesurer la capacité des institutions à intervenir conjointement lorsqu’un événement mobilise plusieurs secteurs.
Dans le domaine aéronautique, ces opérations s’inscrivent dans le cadre des exigences et recommandations de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). L’annexe 12 à la Convention relative à l’aviation civile internationale définit les principes applicables à l’organisation et au fonctionnement des services de recherche et de sauvetage. Elle est complétée par le Manuel international de recherche et de sauvetage aéronautiques et maritimes (IAMSAR), élaboré conjointement avec l’Organisation maritime internationale (OMI), qui fournit des orientations sur l’organisation des secours, la coordination des missions et les procédures d’intervention.
L’un des enjeux majeurs de ces dispositifs réside dans l’articulation entre les autorités aéronautiques et maritimes. Lorsqu’un aéronef disparaît ou s’abîme en mer, les opérations peuvent mobiliser simultanément des avions, des hélicoptères, des navires de secours et des équipes spécialisées. La complémentarité de ces moyens suppose une répartition précise des responsabilités et un échange continu d’informations. Une défaillance dans la transmission d’une alerte ou dans la coordination des unités peut compromettre l’efficacité de l’ensemble de l’opération.
Pour cette édition, la mobilisation institutionnelle sera particulièrement large. L’exercice réunira des représentants des ministères du Transport, de la Défense nationale, de l’Intérieur, de la Santé et des Affaires étrangères, ainsi que des unités de la Garde nationale, de la Protection civile, de la Douane et du Croissant-Rouge tunisien. Des unités aériennes et maritimes spécialisées participeront également aux opérations.
L’aéroport international de Djerba-Zarzis sera, lui aussi, au cœur du dispositif. Il s’agira notamment d’évaluer sa capacité à soutenir une opération de recherche et de sauvetage et à assurer les fonctions nécessaires à la gestion d’une situation d’urgence aérienne.
Au-delà de la démonstration des moyens mobilisables, JILIJE 2026 devra ainsi permettre de confronter les procédures théoriques aux contraintes d’une intervention réelle, d’identifier les insuffisances éventuelles et de formuler des recommandations pour améliorer le dispositif national. Les enseignements tirés de ce type d’exercice sont essentiels : la préparation aux catastrophes ne se mesure pas uniquement au nombre de moyens disponibles, mais aussi à la capacité des différentes institutions à les faire intervenir efficacement, dans des délais compatibles avec l’impératif de sauver des vies.
N.J











Commentaire
Hannibal
Cet exercice à venir est un bon exercice.
J’espère qu’un rapport critique et circonstancier sera publié, incluant les recommandations pour remédier aux lacunes.
N’oubliez pas quand même de mettre plusieurs signalisations à l’aéroport et ailleurs où l’exercice aura lieu pour indiquer que c’est justement un exercice.