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Sidi Bouzid : 22 élèves intoxiqués, une alerte de plus dans les établissements scolaires

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Par Nadya Jennene

    Un repas qui tourne au cauchemar, des dizaines d’élèves pris de malaises et une intervention urgente de la Protection civile. Au lycée pilote de Sidi Bouzid, la nuit du vendredi 6 au samedi 7 novembre 2026 a été marquée par un nouvel épisode d’intoxication alimentaire collective. 

    Vingt-deux élèves ont dû être transportés à l’hôpital universitaire de la région. Si tous ont finalement pu regagner leur domicile après avoir reçu les soins nécessaires, l’incident n’en est pas moins alarmant. Il rappelle surtout que les intoxications alimentaires en milieu scolaire sont loin d’appartenir au passé.

    Selon les précisions fournies à l’agence Tap par le directeur de la santé préventive à la direction régionale de la Santé, Béchir Saïdi, les élèves ont été pris en charge à l’hôpital et des prélèvements ont été effectués afin de déterminer l’origine de l’intoxication. Leur état ayant permis leur sortie, ils ont tous quitté l’établissement hospitalier.

    Ce nouvel épisode n’est malheureusement pas une première dans le gouvernorat. En octobre 2023, un total de 27 élèves d’un internat scolaire à Meknassi avaient déjà été victimes d’une intoxication alimentaire. Quelques semaines plus tard, en novembre, six élèves d’un établissement secondaire à Sidi Ali Ben Aoun, avaient présenté des symptômes similaires.

    En janvier 2024, à Zriba, dans le gouvernorat de Zaghouan, la découverte de produits alimentaires avariés dans le local de stockage du collège Taher Haddad avait provoqué l’intoxication de deux élèves internes. L’inspection menée par les services de l’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires avait notamment révélé la présence de 60 kilogrammes de viande rouge impropre à la consommation. La marchandise avait été saisie puis détruite et cinq personnes avaient été arrêtées dans le cadre de cette affaire. Une enquête avait également été ouverte pour déterminer les responsabilités.

    Un an plus tard, le 27 février 2025, plusieurs élèves de l’école et du collège de Cherifet, à Soliman, dans le gouvernorat de Nabeul, avaient à leur tour été victimes d’une intoxication alimentaire. Cette fois, les produits incriminés étaient des biscuits et des jus périmés, d’origine inconnue, retrouvés à proximité des établissements scolaires. La plupart des enfants souffraient de crampes abdominales, de nausées et de diarrhées. Neuf d’entre eux avaient dû être transférés à l’hôpital régional de Nabeul pour des examens complémentaires et une surveillance médicale. Les autorités sanitaires et l’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires avaient alors ouvert une enquête pour remonter à la source de ces produits et identifier les personnes responsables de leur distribution.

    À force de se répéter, ces incidents ne peuvent plus être considérés comme de simples accidents isolés. Ils mettent en cause la rigueur des contrôles sanitaires, les conditions de stockage et de préparation des aliments, mais aussi la capacité des structures responsables à prévenir des risques pourtant parfaitement identifiables.

    Les inspections ponctuelles, les saisies et les enquêtes ouvertes après chaque intoxication ne sauraient tenir lieu de politique de prévention. Combien d’alertes faudra-t-il encore pour que la surveillance sanitaire des établissements scolaires et de leurs circuits d’approvisionnement devienne une véritable priorité ?

    N.J

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