À l’occasion de la Fête nationale de l’arbre, la Tunisie remet le reboisement au cœur de ses priorités environnementales. Le ministre de l’Environnement, Habib Abid, a annoncé le lancement d’un programme national visant à planter douze mille arbres sur l’ensemble du territoire, en partenariat avec les Scouts tunisiens et la Direction générale des forêts. L’opération prévoit la plantation de 500 arbres par groupe scout, dans les différentes régions du pays.
L’annonce a été faite dimanche 8 novembre 2026, à l’occasion des célébrations organisées dans le gouvernorat de Manouba, et s’inscrit dans le cadre de trois grands programmes nationaux lancés par le ministère au titre de sa stratégie environnementale. Ceux-ci visent notamment à renforcer les espaces verts, à contribuer à la sécurité alimentaire et à lutter contre l’érosion des sols.
Des arbres, des jardins et des ceintures vertes
Au-delà de cette opération de plantation, le programme prévoit également la réhabilitation des espaces verts et des jardins pour enfants. À Borj El Amri, le ministre a ainsi annoncé le lancement d’un projet de jardin destiné aux enfants et aux familles. Le ministère de l’Environnement y consacrera un investissement initial de 75.000 dinars, en coordination avec les autorités locales et régionales.
Autre volet de cette stratégie : le projet des routes vertes, qui consiste à végétaliser les abords des autoroutes afin de constituer des ceintures vertes autour des principaux axes routiers. Lancée l’année dernière dans le gouvernorat de Mahdia, au niveau d’El Jem, l’initiative doit se poursuivre cette année au niveau de l’échangeur de Borj El Amri.
Le choix de Manouba pour accueillir les célébrations de la Fête nationale de l’arbre n’est pas anodin. La région compte plusieurs projets de reboisement et de développement des espaces verts, dont certains concernent des superficies importantes.
Plus de 125.000 plants pour 110 hectares à Manouba
Pour la saison 2026-2027, le programme de reboisement dans le gouvernorat porte sur une superficie totale de 110 hectares et prévoit la mise en terre de plus de 125.000 plants. Les plantations comprennent notamment 49.000 plants d’acacia cyanophylla, auxquels s’ajoutent des espèces forestières, ornementales, pastorales, médicinales et aromatiques, ainsi que des caroubiers et des câpriers.
Plusieurs sites ont été retenus pour ces opérations. À Tebourba, 40 hectares seront concernés dans la zone de Gfaya, relevant de la délégation de Mellaha, et 15 hectares supplémentaires dans la zone de Khazem, à Dkhila. Le programme prévoit également dix hectares à El Aroussia, dans la délégation de Battan, et cinq hectares à Aïn Sayed, à Borj El Amri.
Mais l’enjeu ne se limite pas au nombre de plants mis en terre. Leur survie reste un défi majeur. Pour la précédente saison de reboisement, le taux général de réussite enregistré dans le gouvernorat n’a atteint que 38%. Les municipalités ont affiché les meilleurs résultats, suivies des propriétaires privés, des établissements publics et, enfin, de la direction des forêts.
Des moyens limités face aux besoins
Le gouvernorat de Manouba compte une superficie forestière totale de 12.810 hectares, soit 11,27% de sa superficie globale. Pour soutenir les opérations de reboisement et la restauration des zones forestières endommagées, notamment par les incendies, la région dispose de deux pépinières forestières relevant de la Direction régionale du développement agricole : celles de Borj El Amri et de Sadikia, à Douar Hicher.
Leur capacité de production atteint 55.000 plants par an. Mais ces structures doivent répondre à des besoins importants, avec des ressources humaines limitées : les deux pépinières ne disposent que de 22 agents forestiers, sur un effectif régional de 150 agents.
Derrière les annonces de plantation et les objectifs affichés, la question demeure donc celle de la capacité à entretenir les jeunes plants et à assurer leur développement dans la durée. Car planter des arbres constitue une première étape ; leur permettre de résister aux conditions climatiques et de s’enraciner durablement dans le paysage reste le véritable défi.
S.H










