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Quelle part des entreprises tunisiennes dans le top 500 en Afrique ?

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    Il arrive à quiconque parmi nous, Tunisiens, de s’interroger sur les raisons se trouvant à l’origine de cette course effrénée, à travers le monde, derrière les fameux Investissements Directs Etrangers (IDE). Chaque pays n’aurait-il pu se suffire à ses propres richesses, les développer en fonction de ses moyens et éviter tous ces tracas et autres dépendances ?
    Autrement dit, quel est l’apport de ces IDE dans le développement et pourquoi la Tunisie en a vraiment besoin malgré l’existence de capitaux internes en abondance ?
    De prime abord, il est toujours utile de rappeler que ces IDE se sont développés dans les sphères de production et sont les expressions d’un savoir-faire entrepreneurial.

    Ce n’est pas par hasard que le prince Al Walid Ibn Talel se trouve à la tête des richesses du milieu d’affaires arabes (hors monarchies) avec une fortune estimée à plus de 17 milliards de dollars. Ce n’est pas uniquement parce que c’est un descendant de la famille royale saoudite. Autrement, les 17.000 émirs, ou du moins une partie, seraient comme lui.
    Al Walid a développé sa fortune dans les secteurs des finances et des médias. Il est aujourd’hui actionnaire dans Citigroup, Apple et News Corp, en plus du fait qu’il détient les chaînes TV Rotana et LBC.
    Plus proche de nous, le Cheikh Salah Kamel, pionnier de grands projets en Tunisie avec les berges du lac de Tunis. Le président de la Chambre islamique de commerce se trouve à la 12ème place des plus grosses fortunes d’affaires du monde arabe avec 5,3 milliards de dollars. Il est actif dans les médias (ART et MBC) et dans les finances (Al Baraka Banking Group).

    La même approche est valable en Tunisie. Les fortunes les plus en vue se sont développées dans les affaires.
    Le flair entrepreneurial et le savoir-faire ont guidé les pas de Aziz Miled, Abdelwaheb Ben Ayed, Hamadi Bousbiî, les Mabrouk, les Bayahi, Hamdi Meddeb, etc. Comme il ne suffit pas d’être prince au Golfe pour réussir dans les affaires. Ce ne sont pas uniquement les entrées ou les alliances qui ouvrent les grandes portes de la réussite en Tunisie. Le monde des affaires est impitoyable et ne répond qu’à ses propres règles à moyen et long termes.
    La bonne étoile peut, certes, mettre quelqu’un dans ces sphères. Mais il est appelé à apprendre la navigation par ses propres moyens. C’est une règle d’or qui a été vérifiée à travers le temps et l’espace, même en Tunisie.

    Si Nouvelair est en tête des entreprises tunisiennes aux capitaux privés, en termes de chiffres d’affaires avec 477 millions de dinars, ce n’est pas un hasard que Aziz Miled a su se placer au moment opportun sur le marché du transport aérien et, spécialement, le charter. Il a développé son activité en suivant les tendances du marché de l’aérien malgré, d’une part, les spécificités de la Tunisie, très sceptique sur l’option de l’open air et, d’autre part, la rude concurrence à l’échelle internationale dans ce secteur d’activités. L’achat de Karthago airlines n’a fait que renforcer la compagnie.

    Il est fort intéressant de remarquer que Aziz Miled s’est lancé depuis des décennies dans ce créneau à risques mais porteur. C’est ce qui explique qu’il se trouve en pôle position. Les quatre suivants dans le TOP 10 des fortunes, sont plutôt dans l’agroalimentaire et la distribution. Il s’agit de la société Magasin général (Poulina et les Bayahi), SOCOGES ( Hamdi Meddeb) , la société frigorifique et brasserie (Bousbiî) ou encore Monoprix (les Mabrouk), voire même pour Ennakl.
    Ces hommes d’affaires ont eu le mérite de développer des marchés déjà existants, de leur donner de nouvelles dimensions et de faire entrer la Tunisie dans la dynamique de la société de consommation.
    Monoprix et le Magasin général sont des repères pour la consommation quotidienne. Leurs chiffres d’affaires respectifs sont de 390 et 312 millions de dinars. Bousbiî règne sur le marché de la bière malgré la présence de Heineken. Le chiffre d’affaires de la société frigorifique et brasserie de Tunisie est de 362 millions de dinars. Hamdi Meddeb est désormais le roi du yaourt. SOCOGES (Délice Danone) a un chiffre d’affaires de 389 millions de dinars alors que Délice (lait) est plutôt à seulement 206 millions de dinars.

    Ennakl de Sakhr Materi a développé le marché de l’auto en Tunisie. Elle a proposé de nouvelles gammes de luxe. Porsche Panamera n’a-t-elle pas fait sa première mondiale en Tunisie ?
    Le chiffre d’affaires d’Ennakl est passé de 245 millions de dinars (fin 2007) à 305 millions de dinars (fin 2008).

    Medcom (les frères Loukil) est le premier groupe tunisien à capitaux privés ayant réussi dans les TIC. Il est à la 8ème position avec un chiffre d’affaires de 204 millions de dinars. Mais, malgré le centre de services après-vente de niveau 3, c’est toujours de la distribution.
    Le potentiel de ces fers de lance de la nouvelle Tunisie se limite encore au commerce et à la distribution. Ils ne peuvent pas encore s’aventurer seuls sur de gros marchés. Divona Tunisie a eu besoin du savoir-faire de France-Télécom pour attaquer le marché du 3ème opérateur de la téléphonie mobile.
    Sakhr Materi, Hamdi Meddeb et Bassem Loukil se sont joints à Turkcell pour les concurrencer, en vain. Ces marchés nécessitent beaucoup de savoir-faire et de liquidités que les gros bonnets tunisiens n’en ont pas suffisamment. Les sociétés tunisiennes n’interviennent que pour 2,5 % du chiffre d’affaires du TOP 500 de l’Afrique contre 15,5 % pour l’Algérie, 9,8 % pour l’Egypte et 9,4 % pour le Maroc.

    Les capitaux tunisiens ne figurent que d’une manière timide sur le TOP 500 africain et ne figurent pas du tout sur le TOP 2000 du monde, où on recense 44 entreprises arabes appartenant à l’Arabie Saoudite (15), les Emirats Arabes Unis (13), le Koweït (9), l’Egypte (4) et le Maroc (3).

    Les trois entreprises marocaines sont Attijariwafa bank (976ème), la Banque marocaine de commerce extérieur (1429ème) et ONA Group (1913ème). Il suffit de constater l’immense présence d’Attijariwafa bank en Afrique pour comprendre la marge nécessaire à couvrir par les Tunisiens pour arriver à ce standing international.
    Les Tunisiens réussissent à tracer la feuille de route mais il y a encore un long chemin à parcourir vers un standing international.

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