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Le tourisme tunisien a besoin d’argent et… d’idées novatrices

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    « Le pèle mêle dans la promotion de la destination Tunisie, c’est fini » a affirmé Slim Tlatli, à l’occasion de la rencontre, organisée par la Chambre tuniso-française du Commerce et de l’Industrie (CTFCI), autour de la stratégie du tourisme à l’horizon 2016.
    La politique promotionnelle, de communication et de marketing, de l’administration de tutelle, serait totalement revisitée, rénovée voire chamboulée à la racine.
    Il faut absolument améliorer le positionnement et l’image de la destination et sortir de l’image « Tunisie bas prix à qualité moyenne basse », souligne Slim Tlatli.

    La finalité est de tirer l’image de la destination vers le haut. Ceci serait réalisé à travers une déclinaison régionale d’une part, et la promotion du produit de l’autre, avec en prime une nouvelle segmentation des marchés. Car, explique le ministre, la segmentation actuelle, par marchés, par pays, âge, tranche de revenus…n’est plus d’actualité. Si on assure la promotion du produit golfique, il faut le faire de la même manière aussi bien pour le marché français, allemand, ou encore anglais.
    Le ministre a également insisté sur l vague internet et son importance capitale dans la promotion. Une vague de laquelle, nous sommes quasi absents.
    Dans le même ordre d’idées, Slim Tlatli a annoncé le démarrage prochain de l’étude relative à la refonte de la politique de marketing, promotion et communication de la destination Tunisie. Une révision qui devrait consolider, à notre, sens, la remise en question effectuée par l’étude stratégique sur le développement du tourisme à l’horizon 2016, et la rejoindre en ce qui concerne la réorganisation du dispositif institutionnel. Une réorganisation dont la tutelle est profondément consciente.

    En effet, l’Office Nationale du Tourisme Tunisien (ONTT) créé, il y a 40 ans, opère aujourd’hui, avec les mêmes structures voire les mêmes méthodes. Ce qui est pour le moins qu’on puisse dire, dépassé, eu égard à l’évolution et aux mutations permanentes que connaît le tourisme dans le monde. Avec une destination Tunisie, quasiment absente, voire invisible sur les marchés émetteurs, notamment au niveau de la publicité, la transformation radicale de l’institution, de ses méthodes de gestion et de communication sur la destination, est impérative (8% uniquement des touristes, ayant visité la Tunisie, affirment que la publicité a été un facteur déterminant, selon une enquête « satisfaction clients », engagée par l’administration de tutelle, au cours de la haute saison).
    « Ce qui veut dire, affirme le ministre, qu’on est « invisible sur les marchés émetteurs ». Et, cela se justifie, à son égard par le manque de budget qui ne permet en aucun cas, de faire des publicités à la télévision, contrairement à nos concurrents, dont le budget de certains est 5 fois supérieur au nôtre ! Des concurrents qui, il ya quelques années, ajoute le ministre, étaient derrière nous et de loin.

    En effet, au début des années 80, la Tunisie drainait 1,3 million de touristes, contre environ un million pour l’Egypte et la Turquie. Aujourd’hui, nous en accueillons sept millions seulement, contre 12,5 millions pour l’Egypte et 27 millions pour la Turquie !!!!
    Des chiffres qui se passent de tout commentaire, quant à l’importance capitale d’augmenter le budget de la promotion du tourisme tunisien, avec une révision « urgente » de la distribution des rôles.
    A ce titre, le ministre a annoncé, la création prochaine, dans le cadre du plan d’action opérationnel, du tourisme à l’horizon 2016, de deux Agences, en remplacement du vieux « ONTT ». Une agence chargée de la communication et de la promotion, et une autre chargée de la formation.
    Néanmoins, il ne suffirait pas de créer de nouvelles agences si on va les gérer avec les mêmes méthodes actuelles ! Le renouveau devrait aussi, concerner les méthodes de gestion en vue d’une réactivité rapide, et d’une efficacité garantie….

    Outre la création de deux nouvelles agences, le ministre a rappelé l’impératif d’instauration d’un partenariat fort, intense, actif et agissant avec la profession. Une profession qui a décidé de se rallier sous un même drapeau. En effet, la Fédération Tunisienne de l’Hôtellerie (FTH) et la Fédération Tunisienne des Agences de Voyages (FTAV) se sont fiancées et le mariage est annoncé pour très bientôt à travers la création de la Fédération Nationale du Tourisme, qui réunira l’ensemble des métiers du tourisme.
    Ceci étant, les hôteliers et les agences de voyages demeureraient les interlocuteurs privilégiés de l’administration, car, ils représentent la colonne vertébrale du tourisme, et les premiers bénéficiaires.
    Avec l’étude stratégique de développement du secteur à l’horizon 2016, le tourisme tunisien dispose d’une vision, d’un plan d’action et d’une feuille de route bien tracée. Aurait-il les moyens de la suivre à lettre ? Pourrait-il concrétiser les 160 mesures, et les 20 actions prioritaires, avec le budget actuel ? Car, jusque là, on parle des pistes éventuelles pour augmenter le budget promotionnel. Mais, concrètement, il n’y a rien de nouveau.
    Espérons que la prochaine Loi de Finances puisse prendre cet impératif en considération et que les députés ne refusent pas les éventuelles propositions, (taxes de séjour, élargissement des contributions au fonds de développement de la compétitivité touristique, à tous les bénéficiaires du secteur….). Il s’agit là, d’un secteur stratégique dont la volonté politique de le dynamiser est manifeste. Néanmoins sans une augmentation du budget, on voit mal, s’achever la concrétisation du plan d’action, tel qu’il a été conçu…. ! Et pourtant, les objectifs fixés sont à la portée du secteur….Mais sans argent, le secteur ne pourrait pas aller loin, et retrouver ses lettres de noblesses.

    Slim Tlatli avait déclaré, à la Chambre des conseillers, lors de sa première conférence, après sa nomination à la tête du ministère du Tourisme : « Certes il faut augmenter le budget, mais pour faire quoi ? Il faut savoir où placer cet argent ? Il nous faut des actions ciblées, claires et précises ».
    Les actions ciblées, claires et précises sont, aujourd’hui, là, et elles auront besoin de financement pour réussir. Au ministère, maintenant de défendre l’augmentation du budget, à travers de nouvelles mesures spécifiques, à prévoir, dans la prochaine Loi de Finances.

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