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Comment charmer les hommes d’affaires

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    Par Nizar BAHLOUL

    Je rentre d’un voyage de deux jours du Maroc. Comme chacun sait, nos « frères » marocains sont nos premiers grands concurrents que ce soit en matière d’IDE ou de tourisme.
    Je vous livre pêle-mêle quelques observations qui commencent à l’aéroport de Tunis Carthage.
    Devant les cabinets, qui ne sentaient pas vraiment le jasmin, « madame pipi » salue les voyageurs par un maigre « bonjour » et un gênant bruit déclenché par les quelques pièces de monnaie qu’elle fait bouger dans la main. Mendicité déguisée ? ça y ressemble bien en tout cas.
    La « madame pipi » de l’aéroport de Casa est plus discrète. Aux voyageurs, elle dit bonjour et s’empresse de ramener du papier essuie-main près du lavabo, avant de disparaître discrètement. Il fallait la chercher pour lui tendre une pièce qu’on avait envie de lui donner.

    A l’hôtel, un cinq étoiles, tout est nickel, tout est propre. Comme à Tunis, dans n’importe quel hôtel destiné, essentiellement, au tourisme d’affaires.
    Seulement voilà, dans les chambres, le client retrouve, en plus des journaux quotidiens qu’on fait glisser sous la porte, au moins cinq ouvrages à sa disposition. Un pour découvrir la ville et les bons coins, un magazine de mode et trois autres ouvrages destinés aux investisseurs dont deux publiés par l’équivalent marocain de la FIPA (Agence de promotion de l’investissement extérieur). Le dernier est la revue du célèbre Oxford Business Group, dans un récent numéro consacré à l’investissement au Maroc. Un numéro tout en éloges, bien entendu.

    Au restaurant, très chic et très typique, l’ensemble du personnel est féminin. Vous en convenez qu’il est plus agréable d’être servi par une (belle) dame ! Les hommes sont en tous cas sensibles à ce genre d’égards. Surtout que ces dames ont toujours le sourire collé aux lèvres et savent engager la discussion et faire preuve de complicité auprès des habitués.
    Elles font mieux, elles se permettent même quelques blagues pour égayer l’atmosphère, faire sentir au client qu’il est chez lui à la Fessia (c’est le nom du resto et la pub est gratuite), le tout sans le moindre écart de conduite, ni le soupçon de vulgarité. Quand on leur demande ce qu’il y a comme vins locaux, elles vous dressent une liste avec le « CV » de chacun. Quand on leur demande de quoi est composé un mets, elles vous donnent presque la recette.
    Ce sont là des choses invisibles, que personne ne voit, mais qui ne laissent jamais insensible un visiteur. C’est une impression globale de haute qualité d’accueil d’un pays qui se dégage puisque cela commence à l’aéroport et continue à l’hôtel et dans la ville.

    Qu’a-t-on de tout cela en Tunisie ? Y a-t-il une « complicité » entre l’ONTT et la FIPA ? L’homme d’affaires (dont les dépenses sont plus importantes) a-t-il droit à plus d’égards que le touriste lambda ? Sachant que cet homme d’affaires est appelé à revenir plus souvent dans le pays qu’un touriste ordinaire, sachant que cet homme d’affaires génère beaucoup plus de profit au pays, sachant que lors de sa première visite, il est au stade de l’observation et de l’hésitation s’il doit oui ou non investir dans ce pays, sachant que quand un homme d’affaires parle de vous est mille fois plus convaincant et crédible qu’un touriste ou qu’une large campagne d’affichage urbain, il y a lieu de faire beaucoup plus d’efforts dans notre tourisme pour qu’il s’implique davantage dans la séduction des IDE, et ce aux côtés de la FIPA.
    Idem pour les ambassades et consulats dont, certains, ont la fâcheuse habitude de bloquer les hommes d’affaires pour l’octroi d’un visa d’entrée en Tunisie. Ils se présentent, pourtant, avec invitations, lettres d’accréditation et tout ce qui prouve qu’ils viennent en Tunisie pour rencontrer des partenaires et nouer des affaires.
    La bureaucratie qu’on voit dans certaines de nos administrations semble être la même qu’opposent certains fonctionnaires des consulats à ceux qui se présentent à leurs guichets.
    La concurrence est là et nos concurrents ne ratent rien pour marquer des points.
    Pour que la Tunisie génère des touristes et des IDE, c’est l’affaire de tout le monde qu’il soit « madame pipi », serveur, chauffeur de taxi ou préposé de consulat.

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