L’annonce de l’introduction en bourse de Tunisie Telecom n’a pas encore eu lieu officiellement qu’elle commence, déjà, à faire couler de l’encre et fuser des critiques. Sur le fond, pour certains, sur la forme pour d’autres.
Quant à la direction de l’opérateur, elle joue la discrétion totale afin de pouvoir mener ce gros chantier à bon port. Et il le faut !
Les premiers à contester le projet d’introduction en bourse, ce sont les syndicats. Au cours d’une rencontre tenue mercredi dernier, ils ont affirmé clairement leur opposition à cette introduction.
Pourtant, force est de reconnaître que si ce projet est mené à terme, ce sera l’une des meilleures choses qui puissent arriver à leur entreprise et à son personnel.
Les seconds à émettre des critiques, ce sont les intermédiaires en bourse. Ou, du moins, quelques uns.
Une rencontre a eu lieu jeudi dernier pour expliquer le mécanisme qu’on envisage de retenir pour le projet de l’introduction. Il s’agirait d’une OPO, offre publique ouverte, et c’est au Crédit Suisse qu’on a accordé le privilège d’assurer la valorisation et l’ouverture.
Il y aura une double cotation, à Tunis et probablement à Paris. 10% seront cédés par l’actionnaire tunisien sur la bourse locale et 10% par l’actionnaire émirati sur l’Euronext. L’une des options envisagées est de laisser le Crédit Suisse le privilège d’aller chercher des investisseurs étrangers. Les intermédiaires semblent être exclus de ce process à l’Euronext qui aurait eu le mérite de leur offrir l’occasion de trouver des investisseurs étrangers et de récupérer de belles commissions en retour. Ils n’entendent donc pas laisser cette opportunité leur échapper au profit des Helvétiques.
L’autre hic est qu’on serait également en train d’envisager de créer un syndicat de placement en Tunisie. Trois intermédiaires seulement devraient être présélectionnés et il s’agirait de BNA Capitaux, MAC SA et Tunisie Valeurs. Les autres se trouvent exclus et ne peuvent démarcher, comme ils l’entendent, leur clientèle.
En clair, les intermédiaires tunisiens se sentent frustrés qu’on projette leur exclusion aussi bien du démarchage de la clientèle en Tunisie qu’à l’étranger et ce à cause de cette option de syndicat de placement. Ils ne comprennent pas pourquoi on accorderait aux Helvétiques une mission internationale qu’ils pourraient aisément remplir et pourquoi ils accorderaient à deux intermédiaires seulement un privilège qu’ils peuvent également assurer.
Autant d’éléments soulevés jeudi dernier lors de cette réunion plutôt informelle et de première prise de contact.
C’est évident, Montassar Ouaïli a du pain sur la planche, mais il saura trouver les justes et meilleures solutions pour son entreprise et les entreprises tunisiennes. Gageons qu’il a vu pire et pourrait appliquer, pour rassurer les différents intervenants, le slogan de sa campagne publicitaire actuelle : « on a toujours le choix, on est même la somme de nos choix ».
Signalons enfin que rien de tout cela n’est définitif, ni officiel et tout est encore au stade de projets et d’options soumis à l’étude par le management de Tunisie Telecom.










