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Les débats en débat

Par Noureddine HLAOUI

La Tunisie vit, ces jours-ci entre autres, à l’heure des débats budgétaires qui, après l’épisode de la Chambre des députés, passent à la Chambre des Conseillers. Ainsi, après huit jours de discussions (du 27 novembre au 4 décembre 2010) par les députés, c’est au tour des Conseillers d’exprimer leurs avis et suggestions.

C’est dire que les débats sont bouclés en l’espace de quinze jours. Pourtant, il fut un temps – pas très lointain et devant une seule Chambre – où ces discussions duraient plus d’un mois. Ils se terminaient, souvent in-extremis, le 31 décembre !
Les observateurs et mêmes les médias n’hésitaient pas à parler de discussions qui traînaient en longueur paralysant ou presque le reste de l’activité nationale, causant des coûts supplémentaires et inutiles à la Chambre (séjour et restauration des députés venant de l’intérieur du pays).
Il faut dire, aussi, que certains députés s’y plaisaient du fait de la médiatisation à outrance de l’événement par la presse, notamment celle audiovisuelle.

Maintenant que la Tunisie dispose, à juste titre, d’un système bicaméral, il n’est plus question de maintenir l’ancienne tradition. Plus encore, on a procédé à un virage à 180 degrés puisque la boucle est bouclée en l’espace de deux semaines grâce à l’adoption de la formule du package avec la discussion par chapitre englobant chacun le budget de plusieurs départements à la fois. Sans oublier la limitation du temps d’intervention pour chaque député ou conseiller et de celui réservé aux ministres pour y répondre.
Mais là non plus, on n’échappe pas aux critiques. Décidément ! De là à parler « d’escamotage » des débats, il n’y a qu’un pas que certains n’ont pas hésité à franchir.
Or, ces critiques ne savent pas ou semblent oublier que les vrais débats se passent au sein des commissions chargées d’élaborer, justement, les rapports pour chaque chapitre et chaque département ministériel.

Ces critiques semblent aussi oublier que discussions budgétaires représentent une opportunité, bien entendu, pour adopter les projets de budget et la Loi des finances et les faire communiquer au commun des citoyens avec, surtout, l’émission des remarques de certains députés sur les orientations générales des affaires du pays.
En effet, rares ou presque jamais des députés n’évoquent des points purement budgétaires. Et c’est logique, dans la mesure où les questions techniques et financières ont été vues et revues par eux-mêmes à travers les différentes commissions.
Restent, alors, les séances plénières consacrées aux remarques et autres suggestions des élus du peuple pour exprimer leur intérêt par rapport aux affaires aussi bien à l’échelle nationale qu’au niveau des régions, plus particulièrement celles qui les a élus.

Révolus, donc, sont les temps des longues tirades que les députés et conseillers peuvent, toutefois, se permettre lors des séances de dialogue avec les membres du gouvernement.
Ces séances sont en train de susciter, de plus en plus d’intérêt et d’engouement et on y assiste à de vrais débats, à la fois, animés, positifs et fructueux puisqu’elles permettent aux élus de la Nation d’exprimer leurs doléances et de s’étaler, même dans le temps, sur des questions à caractère brûlant et décisif pour le secteur concerné.
D’ailleurs, sont assez nombreuses, les fois où on a vu des ministres faire appel à tout leur savoir-faire argumentaire et oratoire pour convaincre leur auditoire. Et c’est tant mieux pour la pratique démocratique, pour la bonne marche des affaires du pays dans un climat de transparence et de bonne gouvernance.

C’est dire que ce sont ces séances de dialogue qui méritent, autant que les débats budgétaires sinon plus, d’être médiatisées auprès du grand public. Il y va de l’efficacité de la communication quant au rôle du député et du conseiller qui a des comptes à rendre auprès des citoyens qui l’ont élu.
Autrement dit, les Tunisiens doivent savoir que l’action du député ne se limite pas à ces débats budgétaires, mais également à une contribution continue en vue d’apporter les améliorations nécessaires au vécu quotidien du citoyen et aux diverses questions de proximité.
Alors, oui pour des débats budgétaires succincts. Oui aussi pour un débat chaque fois que cela est nécessaire sur des questions cruciales pour l’avenir des Tunisiennes et des Tunisiens là où ils se trouvent.

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