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    L’Aïd arrive et le mois de Ramadan de cette année tire sa révérence avec les signes traditionnels de chaque fin de Ramadan : Une consommation frénétique, des conversations endiablées sur les prix du prêt-à-porter et Samir El Wafi en prison.

     

    Il est malheureux que, pour ce dernier, la question que l’on entend le plus souvent n’est pas « est-il innocent ? » ou « à quand le procès ? » mais plutôt « est ce que cette fois est la bonne ? » ou « est ce que ses relations vont le faire sortir de prison ? ». En tout cas, il n’est plus à démontrer que l’opinion publique a une confiance très chancelante en la justice et en son élite, de manière plus générale.

     

    Ce n’est certainement pas le spectacle donné hier à l’Assemblée par les élus qui va restaurer cette confiance. Ils se sont permis de s’invectiver directement avec des paroles que l’on n’oserait pas proférer chez soi. Hormis quelques exceptions qui méritent le titre d’élu, le reste n’est qu’une bande de profiteurs dont la majorité s’est retrouvée sous la coupole par hasard. Là encore, pas de secret, mais nous faire subir cela en direct à la télévision, sachant que certains de ces députés sont impliqués jusqu’au cou dans la corruption, c’est trop.

     

    En parlant de choses insupportables, jetons un coup d’œil du côté de Sfax. Le parrain du CHU de Sfax, Adel Zouaghi, a présidé personnellement une cérémonie de circoncision traditionnelle au sein même de l’hôpital ! Il fallait un Adel Zouaghi et un directeur d’hôpital complètement soumis pour qu’on puisse mettre en scène une telle mascarade. Et puis, on publie les photos pêle-mêle sans aucune espèce de respect, ni pour les enfants et leurs identités, ni pour l’institution qui reste quand même un hôpital universitaire. Il fût un temps où Adel Zouaghi attendait la fin des réunions sur les escaliers du ministère de la Santé parce qu’il était jugé trop impoli pour pouvoir y assister. Mais ça c’était du temps de la dictature, avant la « liberté ».

     

    Heureusement que la présidence du gouvernement a pensé à nous et nous a donné du temps pour nous reposer. Trois jours de congé pour l’Aïd ! Dimanche, lundi et mardi, les agents du secteur public ne travailleront pas et on pourra tous profiter de la pause. Et puis tout va bien chez nous, ce n’est pas comme si on avait besoin de travailler parce que le pays va mal, ou au moins n’est pas au mieux. Ce n’est pas comme si on récoltait de l’argent à droite à gauche à coups de prêts et d’engagements divers et variés. Ce n’est pas comme si le pays avait besoin, dans son ensemble, d’un bon gros coup de pied au derrière pour se bouger un peu. Qu’est ce que ça aurait pu être ? Au hasard, l’annulation, par décret gouvernemental, de la sacrosainte séance unique, par exemple. Ce serait un signal fort et concret qui donnerait le ton sans équivoque. Ça voudrait dire : finie la glandouille, maintenant au travail !

     

    Une telle décision permettrait de rompre avec le tabou qui accompagne la fameuse séance unique qui la rend si intouchable, si sacrée. Elle avait été mise en place au départ parce qu’il faisait trop chaud pour travailler. Cette raison, ou plutôt ce prétexte, ne tient plus. Allez demander à l’un des « barbecha » qui ramassent du plastique dans les poubelles s’il fait trop chaud pour travailler…

     

    La Tunisie a vraiment besoin que les gens de bonne volonté abattent un travail monstrueux pour sauver le pays dans un premier temps, et pour le développer par la suite. Les compétences existent et les volontés également. Il suffit de leur permettre de bosser.

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