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Samir Saied : La STB a dépassé les objectifs fixés pour 2017

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    Les performances financières de la Société tunisienne de banque (STB) et les réformes entreprises pour y parvenir ont fait l’objet d’un entretien accordé par Samir Saied, directeur général de l’institution, à Business News.

     

    Commentant les résultats au vert réalisés par la banque en 2017, M. Saied a souligné que la direction de la STB misait sur une croissance du PIB de l’ordre de 17%. «Nous avons dépassé nos objectifs et atteint un PNB de plus de 371 MD fin 2017, soit près de 20% de croissance», a-t-il affirmé. Et d’ajouter «Ce n’est pas mal pour une année qui est censée être celle de toutes les réformes. La priorité n’était pas d’augmenter les chiffres mais d’assainir !».

    Côté nouveautés, plusieurs réformes ont été entreprises, dont peut être la plus importante et la plus urgente celle relative à la mise en place du nouveau système d’information (SI) de la banque. «Nous sommes très heureux d’avoir développé le nouveau SI, qui est développé à 100% par les compétences tunisiennes en collaboration avec la BFI pour la partie développement informatique, et le savoir-faire ainsi que l’ADN bancaire de la STB pour la partie fonctionnelle (conception + cahier de charge)». Autre chantier, le DG a annoncé la mise en place, actuellement, d’un système de notation interne ainsi qu’un programme d’assainissement social et de formation. Des réformes en profondeur dont les résultats seront tangibles à long terme et qui permettront de bâtir un socle solide à l’institution financière.

    «Ça nous donne une fondation solide pour bâtir la nouvelle stratégie digitale et de data, qui est en train de créer un tsunami au niveau des banques et ça nous permet d’envisager l’avenir avec beaucoup de sérénité», nous a-t-il confié.

     

    «La situation de la STB, par rapport aux deux autres banques publiques et au paysage bancaire tunisien, est particulière», a expliqué Samir Saied en réponse à une question du Business News qui comparait la banque aux deux autres institutions bancaires publiques. «Elle a absorbé les deux grandes banques de développement qui ont financé l’économie nationale : la BDET et la BNDT, mais qui a eu un coût économique et financier supporté par la STB. Les 31% de créances accrochées d’il y a deux ans, abaissées à 26% actuellement, ne sont pas dus à une mauvaise gestion mais à un héritage. Si on écarte les créances de la BNDT, le taux des créances accrochées de la STB devient 15,5% y compris les créances accrochées héritées de la BDET. La moyenne nationale est à-peu-près de cet ordre là. La STB n’est pas le mauvais élève du système bancaire tunisien, mais historiquement la banque a été toujours pionnière jusqu’à l’an 2000 et continue d’être une banque leader qui est en train de digérer un passif hérité», a-t-il précisé. Et d’indiquer : «La banque publique est en train de jouer son rôle. On est en train de dépasser cette difficulté et de mettre en place beaucoup de réformes avec un plan stratégique sur 5 ans et de 13 axes».

     

    S’agissant des performances futures de la banque, M. Saied a affirmé que la direction de la STB a un plan relativement ambitieux : «On table sur une croissance moyenne annuelle du PNB de 17%». Ceci dit, il fait remarquer que le monde bancaire est en train de se métamorphoser : « avec la concurrence des fintechs et des opérateurs téléphoniques, nous devons évoluer vers une finance moderne, digitalisée et qui se base dans ses prises de décision sur l’exploitation des données et l’intelligence artificielle. C’est pour cela qu’on a opté pour le rajeunissement des cadres de la banque, capables d’assimiler les nouvelles technologies. Un rajeunissement qui va de pair avec le programme d’assainissement social volontaire qui concerne 387 personnes sur 2 ans et demi et qui a commencé en 2017».

     

    Concernant le sujet de la gouvernance de l’Etat qui est en train de freiner les banques publiques, le DG de la STB a révélé en réponse à une question de Business News : «Aujourd’hui nous continuons à être régulés par un ensemble de mesures, du fait de notre appartenance à la sphère publique. Nous avons demandé à l’autorité de tutelle d’avoir exactement les mêmes règles de jeu et elle nous a promis cela. Nous sommes allés devant la commission parlementaire des finances où nous avons eu un débat profond et intéressant et où on a expliqué aux élus de l’Assemblée des représentants du peuple que ce mode de gestion freine notre compétitivité par rapport aux banques privées. Il y a une compréhension et un espoir pour que dans des délais raisonnables, on obtienne cet alignement avec le secteur privé».

    «Je ne défends pas la privatisation mais soit on nous donne les mêmes moyens que le privé, soit on nous privatise et c’est peut-être le moindre mal, sinon nous allons vers l’impasse», nous a-t-il confié.

     

    Au sujet des avoirs de la banque qui devaient être cédés pour régulariser sa situation, Samir Saied a précisé que «la stratégie de la STB est claire : le conseil d’administration a décidé de céder et de se séparer de toutes les participations et tous les actifs qui n’ont pas de relation avec l’activité bancaire». Il a évoqué, dans ce cadre, que l’Immobilière de l’avenue sera vendue. «Une liste a été établie, mais nous ne sommes pas à brader les prix !»

     

    Après quelques années difficiles, la STB renoue avec des chiffres au vert, de bon augure pour les années avenirs.

     

    Imen Nouira

     

     

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