Les commerçants sont inquiets du prolongement du confinement général sanitaire jusqu’au 3 mai 2020 face à la dégradation de leur situation, leurs magasins étant fermés.
Adressant une lettre au chef du gouvernement et à plusieurs ministres, les commerçants de prêt-à-porter, de chaussures et accessoires, de la bijouterie-horlogerie, du jouet, du meuble, des articles de sport, des articles de maison, de l’optique, de la parfumerie et de la cosmétique, de l’électroménager, de l’artisanat, etc., expliquent qu’ils assurent près de 100.000 emplois dans plus de 30.000 points de vente à travers le pays.
Et d’expliquer : «les commerces, quelle que soit leur taille, subissent une perte de chiffre d’affaires considérable. En cette période de crise, ne pas mettre la clé sous la porte implique d’assumer des coûts de fonctionnement lourds, incompressibles et impossibles à supporter : avance du paiement des salaires, poids financier des stocks de marchandises, règlements des fournisseurs… Nous avons tous fait des choix forts mais coûteux pour préserver la chaîne de production, indispensable à la reprise économique post-confinement. Les salaires et les loyers constituent la plus grande partie de nos charges et peuvent représenter chacun plus de 15% de notre chiffre d’affaires en temps normal».
Certes, les commerçants sont conscients que la santé du tunisien est une priorité absolue et doit le rester. Mais, ils réclament l’aide de l’Etat à deux niveaux ;
Ils veulent que l’Etat joue le rôle de médiateur entre eux et les bailleurs pour aboutir à un cadre légal garantissant la suspension des loyers pendant toute la période du confinement. Ce cadre éviterait aux commerçants les risques de poursuites et d’éviction pour défaut de payement des loyers. A défaut, assurer au commerçant une prise en charge totale ou partielle par l’Etat, des loyers de la période de fermeture.
Ils sollicitent l’autorisation de reprendre leurs activités à la date du 4 mai 2020 qui coïnciderait avec le 11ème jour de Ramadan. Ils expliquent que le mois de Ramadan représente pour une bonne partie d’entre eux une partie importante de leurs chiffres d’affaires annuels : certains y réalisent près de 40%. A cet effet, ils proposent une liste des mesures et précautions à adopter par les commerçants.
- Distanciation sociale :
– Respecter les règles de distanciation sociale, en particulier, le maintien d’une distance d’1 m entre chaque personne, notamment à :
o entrée du commerce,
o caisse,
o cabine d’essayage…,
Avec traçage au sol (bandes adhésives) ;
– Limiter le nombre de personnes dans la surface de vente :
o Pour les clients : accueillir un maximum d’un client par 15 m² (Ex : si le commerce fait une surface de 100 m², seuls 6 clients seront acceptés à la fois) ;
o Pour les employés : la même règle appliquée aux clients serait appliquée, aussi, au personnel du commerçant soit un employé à la fois par commerce de moins de 15 m² et un employé par fraction de 15 m² pour les autres.
2. Contrôle des clients :
Garantir la disponibilité du gel hydro alcoolique à l’entrée du point de vente : les clients seront appelés, systématiquement, à se désinfecter les mains avant d’entrer dans la surface de vente.
3. Equipements de protection individuelle :
– Imposer le port du masque aux employés et aux clients :
o Pour les employés, un minimum de 4 masques en tissu seront fournies gratuitement par l’employeur, pour une utilisation de 2 masques par jour (3 à 4 h est la durée d’utilisation d’un masque) ;
o Les clients ne portant pas de masque ne seraient pas autorisés à entrer dans le commerce ;
– Imposer le port d’une tenue de travail, à changer quotidiennement ;
4. Actions de sensibilisation :
– Afficher à l’entrée du magasin les mesures de sécurité et d’hygiène adoptées pour lutter contre la propagation du Covid 19 ;
5. Transport du personnel :
– Assurer pour le personnel du commerçant, pendant le premier mois après la fin du confinement, des solutions de transport individuel ou par petits groupes ne dépassant pas trois personnes. Ces solutions peuvent consister en l’utilisation des moyens de transport du commerçant ou des employés ou le financement de taxis. Nous éviterons, ainsi, l’utilisation des transports collectifs ;
6. Nettoyage et désinfection des locaux :
– Instaurer des procédures de nettoyage et de désinfection fréquents des sols et surfaces, notamment les comptoirs, les rampes d’escaliers, etc.
– Mettre à disposition un produit détergent-désinfectant, des lingettes désinfectantes…
Selon le document, les seules mesures précitées seront capables de permettre à tous les commerçants de traverser la crise, de relancer l’activité et de sauver les emplois dans les prochains mois.
La lettre est signées par six président de chambres relevant de l’Utica, il s’agit de :
- Mehdi Abdelmoula, président de la Chambre nationale des chaines de magasin d’habillement
- Hatem Meziou, président de la Chambre nationale de la parfumerie et de la cosmétique
- Hatem Ben Youssef, président de la Chambre syndicale de la bijouterie horlogerie
- Najoua Kammoun, présidente de la Chambre nationale des opticiens
- Mohsen Ben Sassi, président de la Chambre nationale du commerce de tissu et de prêt à porter
- AkramBelhaj, président de la Fédération du cuir et chaussure
A rappeler que le pays vit une crise sanitaire aigue depuis plus d’un mois avec la propagation d’un virus mortel le covid-19 qui a obligé la Tunisie à entrer en confinement total depuis le 22 mars et au moins jusqu\’au 3 mai 2020. 909 contaminés ont été recensés et annoncés jusqu\’au 22 avril courant, sur un total de 18.861 dépistages, avec 190 rétablissements et 38 décès.
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I.N (avec communiqué)










