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Taboubi : Stop aux prélèvements !

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    En cette fête du travail et malgré le confinement sanitaire, le secrétaire général de l\’Union générale tunisienne du travail (UGTT) Noureddine Taboubi a tenu, ce vendredi 1er mai 2020, à s’adresser à ses adhérents via une adresse vidéo.

     

    Dans un long discours, M. Taboubi a prédit des changements au niveau mondial à cause du covid-19 et pense que la Tunisie doit s’y préparer. Il a affirmé que la crise sanitaire a permis de revaloriser certains secteurs marginalisés et de distinguer certaines catégories socioprofessionnelles lésées : elle a ainsi mis en évidence le rôle des cadres médicaux et paramédicaux, des agents de propreté, des agriculteurs, des journalistes intègres, etc.

    Pour lui, il faut leur rendre l’estime qu’ils méritent et saluer leurs efforts, sacrifices et dons de soi.

    En parallèle et toujours selon lui, la crise a révélé le rôle dévastateur des spéculateurs, des contrebandiers, des évadés fiscaux, des intermédiaires et des corrompus, qui vivent des catastrophes et des crises, et que cela devait cesser.

     

    Noureddine Taboubi a également indiqué que la crise a redonné à l’Etat et au service public, leur dimension et leur rôle d’antan. Elle a aussi montré qu’il n’y a aucun sens de l’individu hors du groupe et pas d’avenir pour les groupes sans l’entraide des individus.

    «Le secteur public est une soupape de sécurité face aux crises et il n\’y a aucune signification de l’Etat sans lui. C’est sa seule arme pour contrer la spéculation, réguler le marché, lutter contre la logique du gain et du butin. Le secteur public est le soutien de la dimension sociale que l’Etat veut mettre en place et la crise a rendu au service public son sens et son rôle. Elle a remis sur le tapis l’accélération du sauvetage des entreprises publiques», a-t-il expliqué.

     

    En outre, la crise a mis en lumière les disparités sociales et les problématiques des catégories marginalisées qui vivaient sur les aides au lieu de travailler décemment. Elle a révélé l’injustice que vivent certains employés qui acceptent des salaires bas, qui n’ont pas de couverture sociale et qui ont accepté des contrats de travail insultants n’offrant pas un minimum de vie convenable.

    Et de marteler : «Il est inacceptable que des dizaines de milliers d’ouvriers soient moins payés que le salaire minimum garanti et que le calvaire de dizaines de milliers de retraités se poursuit».

     

     

    Le secrétaire général de l’UGTT estime aussi qu’il est important aujourd’hui de critiquer certaines décisions à condition qu’il n’y ait pas de retour en arrière. «On doit combattre notre ennemi en commun ensemble, en attendant le vaccin».

    Et d’ajouter que depuis le début de crise, la centrale syndicale a essayé de soumettre des propositions constructives et des visions anticipatives outre le soutien des efforts des autorités dans la lutte contre cette pandémie. Elle a également appelé les employés à respecter les directives des autorités sanitaires, notamment le respect du confinement.

     

    Ceci dit, il a affirmé que «les salariés ne peuvent plus se sacrifier plus, surtout avec la cherté actuelle, la spéculation et l’évasion fiscale. On appelle le gouvernement à prendre les dispositions légales et techniques nécessaires pour arrêter le prélèvement des participations solidaires exceptionnelles des salaires des employés et fonctionnaires».

    Et d’assurer en parallèle que l’UGTT est «peinée de voir la situation catastrophique des entreprises notamment celles qui s’acquittent de leurs devoirs fiscal et social ainsi que les PME qui ont été largement impactées par la crise et dont plusieurs vont disparaitre» et «inquiète de la situation des milliers d’artisans et professions libérales qui ont dû arrêter leur activité à cause du confinement sanitaire général alors que c’est leur seul source de revenu».

    Le gouvernement doit prendre d’autres mesures de soutien pour ces derniers, dans la transparence et l’équité, et avec les garanties nécessaires, note-t-il.

     

    Noureddine Taboubi a salué la décision d’arrêt des importations aléatoires et l’encouragement de la production locale, notamment agricole et alimentaire pour atteindre l’autosuffisance. Et appeler à revoir l’endettement du pays avec les bailleurs de fonds les plus importants.

    Il a mis en garde contre l’idée de profiter de la situation pour passer des mesures impopulaires ou des mesures injustes.

    «Tous nous voulons reprendre le travail, mais nous mettons en garde contre le fait que la levée du confinement sanitaire général soit le fruit de pressions. Il faut que cette décision vienne des autorités sanitaires», a-t-il soutenu.

     

    Enfin, M. Taboubi a souligné qu’il faut se préparer à l’après coronavirus avec une approche sociale et équitable.

    Rappelons que la Tunisie est en confinement total depuis le 22 mars à cause de la propagation du Covid-19. Le dernier bilan du ministère de la Santé, annoncé au soir du jeudi 30 avril, fait état de 994 cas confirmés sur un total de 22.957 prélèvements, 41 décès et 305 rétablissements. 

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    I.N

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