Le ministre d\’Etat du Transport et de la Logistique Anouar Maârouf est revenu, ce samedi 2 mai 2020 sur le transport lors de la période de confinement ciblé.
M. Maârouf a ainsi indiqué au micro de Amina Ben Doua dans l\’émission Midi Show Weekend sur Mosaïque FM que l’un des plus difficiles maillons de cette opération de déconfinement est le transport car on ne peut pas délimiter le nombre de personnes qui sont dans un bus.
La décision du gouvernement était de délimiter la capacité de chaque moyen de transport à 50%, avec comme principe que le transport public est destiné uniquement à ceux qui ont des autorisations de travail qui auront droit d’acheter des abonnements et des tickets.
Ainsi, le ministre estime que l’opération sera difficile, mais que le ministère se référera à 4 mécanismes pour le respect de cette disposition. Il s’appuiera sur :
- les contrôleurs, qui seront renforcés par ceux des directions régionales, qui vérifieront les autorisations, le port de bavette et le respect de la capacité. Le contrôle sera arbitraire et chaque contrevenant risque amendes et poursuites judiciaires.
- un renfort sécuritaire pour s’assurer du respect des mesures de confinement dans les stations
- la présence d’organisations de jeunes bénévoles qui s’assureront du respect des mesures de confinement, contribueront à la sensibilisation des citoyens et fourniront des bavettes à ceux qui n’en ont pas. «Notre objectif n’est pas le blocage mais la facilitation du transport», a indiqué le ministre dans ce cadre.
- la responsabilité du citoyen et sa compréhension
Le ministre estime que la flotte sera suffisante si les gens sont respectueux des mesures, surtout que 250 bus de la Transtu seront consacrés au transport privé des employés, donc il y aura moins d’encombrement dans les bus.
Le transport public sera épaulé par la reprise des transports ruraux, des taxis collectifs et des louages (en zone urbaine) à moitié de capacité mais avec une hausse de 50% de leur tarification, pour un partage des charges entre eux et leurs clients. Outre les taxis individuels qui circulent normalement mais avec la contrainte d’avoir à bord un seul client. Ceci dit, le port du masque sera obligatoire dans tout type de transport collectif.
Le transport entre les villes reste à l’arrêt. Mais le ministère est en train d’étudier une reprise graduelle.
S’agissant des services des mines, de l’ATTT et des autoécoles, la reprise est prévue dans un second temps le 11 mai, a-t-il indiqué.
Sur le volet des rapatriements, Anouar Maârouf a précisé que les opérations se poursuivent, malgré la difficulté et les capacités restreintes de placer les évacués en isolement. Il a indiqué que l’Etat envoie un avion dès qu’il y a au moins 80 personnes à rapatrier. Pour ceux qui ne sont pas nombreux, ils doivent rallier les lieux de regroupement (Montréal, Paris, Francfort, Istanbul et Doha).
Le ministère travaille aussi sur un nouveau volet, le rapatriement des étudiants.
S’agissant de la reprise de l’activité aéronautique, les prévisions prédisent un retour progressif d’activité à partir de juillet au niveau de 30% mais il y aura un durcissement des mesures. Le ministre a noté que la Tunisie attend les recommandations de l’IATA qui prépare des protocoles nouveaux, mais selon lui, il y aura un surcoût à prévoir. Pour la Tunisie, le retour au niveau de 2019 ne se fera pas avant 2023, selon les prévisions.
Et d’affirmer que la situation après covid-19 sera totalement différente.
En ce qui concerne Tunisair, M. Maârouf a indiqué qu’il a demandé la préparation de deux plans : un plan de survie et un plan de la relance. Il a refusé le plan de survie car la compagnie a réclamé 100 MD de l’Etat.
Il a affirmé qu\’à son arrivée au ministère, il a trouvé une société archaïque, dont l’évolution s’est arrêté aux années 70 et qu’il veut la réformer.
S’agissant des récentes nominations, il a souligné que la nomination est la prérogative du ministre et que c\’est un mécanisme pour mettre en œuvre sa politique et ses réformes. Il a martelé que ses nominations sont faites sur la base des compétences et de l’intégrité.
Le ministre a démenti le fait qu’il a refusé de rendre le domicile de travail. Il a assuré qu’il est en train de préparer son déménagement et il était d’accord avec le ministre des Tic sur les détails. Il en outre réaffirmé que sa fille n’a pas fait l’accident qui a créé la polémique. Il a ajouté qu’elle était bien à bord du véhicule mais que c’est le chauffeur du ministère qui était au volant. Il a réaffirmé que l’affaire est actuellement devant la justice.
La Tunisie est en confinement total depuis le 22 mars à cause de la propagation du Covid-19. Le dernier bilan du ministère de la Santé, annoncé au soir du vendredi 1er mai, fait état de 998 cas confirmés sur un total de 23.526 prélèvements, 41 décès et 316 rétablissements.
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I.N










