Le gouvernorat de Tataouine a connu dans la matinée du dimanche 21 juin 2020 et jusqu’à présent, des tensions et des protestations à la suite de la descente effectuée par les forces de sécurité nationale la nuit de samedi à dimanche pour enlever les tentes du « sit-in El Kamour ».
Des protestataires ont été arrêtés, y compris le porte-parole du sit-in, Tarek Haddad qui a entamé une grève de la faim sauvage depuis jeudi dernier.
Tarek Haddad a estimé que les forces de sécurité ont utilisé « une force excessive » contre les protestataires pour les disperser et lever le sit-in. « De nombreux manifestants ont été blessés pendant la descente » a-t-il assuré dans une déclaration accordée à la TAP.
Un état d’agitation et de protestation a été déclenché, dans la région, afin de libérer les personnes arrêtées. Les habitants de Tataouine ont brûlé des pneus sur la route, et ils ont échangé des jets de pierres avec les forces de sécurité qui ont eu recours aux gaz lacrymogènes.
Le syndicat régional a rendu public vendredi 19 juin 2020, un communiqué affirmant : « Le gouvernement a perdu toute crédibilité parce qu’il n’a pas tenu ses promesses à l’égard de l’accord de Kamour, ainsi que son ignorance quant au renouvellement des protestations et aux accords conclus entre le chef du gouvernement et le secrétaire général de l’UGTT concernant la tenue d’une réunion ministérielle à Tataouine. »
Selon le communiqué, le syndicat régional a également fait porter au gouvernement la responsabilité de tout ce qui arrivait aux protestataires et les grévistes de la faim l’avertissant des « conséquences du non-respect de l’accord » et « le maintien des poursuites judiciaires contre les manifestants ».
Le gouverneur de Tataouine, Adel Ouerghi a dénoncé aujourd’hui ces protestations dans une déclaration accordée à radio Tataouine, indiquant que plusieurs services administratifs ont été perturbés par la fermeture de la route ce qui a appelé à l’application de la loi après consultation du ministère public.
« La loi s’est appliquée notamment avec l’arrestation d’une personne recherchée pour atteinte à l’ordre public, agression verbale et incitation à la violence à travers les réseaux sociaux » a-t-il ajouté.
Il a souligné que l’état d’agitation suscité à Tataouine était le résultat de l’arrestation de Tarek Haddad et une réaction de jeunes qui souffrent de chômage. Mais il est inacceptable, selon lui, que les manifestants jettent des pierres sur les agents sécuritaires.
Au sujet de sit-in Kamour, Adel Ouerghi a précisé qu’il était convenu de mettre les procédures du suivi sur la table des négociations.
I.M










