Les déclarations de l’ancien président de la République à propos du sujet épineux du Sahara occidental ont provoqué l’ire des Algériens. Alors qu’il se faisait rare sur la scène médiatique depuis qu’il a annoncé son retrait définitif de toute activité politique, Moncef Marzouki est revenu avec ses déclarations polémiques…toujours à la presse étrangère.
Dans un entretien donné à Al Qods Al Arabi, depuis son lieu de résidence à Sousse, et publié dans les colonnes du journal londonien le 19 juin 2020, l’ancien président du temps de la Troïka consacre une importante partie au dossier du Sahara occidental. A la question du journaliste, il impute l’échec de la construction maghrébine à l’Algérie « seul pays membre qui avait refusé, à l’époque où il était président, l’initiative présentée pour redonner vie à l’union du Maghreb arabe [en 2012, ndlr] ».
« Malheureusement, toutes les parties avaient accepté cette proposition à l’époque, hormis la partie algérienne qui a exprimé son refus », a déclaré Marzouki.
« Il abonde sur le conflit opposant le Maroc et le Front Polisario sur le Sahara occidental. Celui qui prétend qu’on lui attribue le titre de défenseur des droits de l’Homme n’a pas été dans ses déclarations pour défendre le droit d’un peuple, tel qu’édicté dans l’esprit et la charte des Nations unies et de l’Union africaine, s’agissant du Sahara occidental, dernière question de décolonisation en Afrique inscrite à l’ONU. Faisant fi de l’histoire de la question du Sahara occidental, de la lutte du peuple sahraoui contre la colonisation espagnole, poursuivie contre l’occupation marocaine après l’invasion de l’armée marocaine des territoires grâce aux Accords de Madrid et la volte-face de l’Espagne de ne pas achever le processus de décolonisation des territoires du Sahara occidental, Marzouki n’a fait que reprendre la lecture de Rabat, pour communiquer sur les raisons de l’échec de la construction maghrébine », écrit le Courrier de l’Algérie dans son édition d’hier, mardi 23 juin 2020.
En 2019, le journal algérien Algérie Patriotique avait accusé Moncef Marzouki de régler ses comptes avec le régime algérien. Le journal avait écrit à l\’époque : « [Moncef Marzouki] en veut à mort à Abdelaziz Bouteflika qui lui aurait tourné le dos et aurait soutenu son rival, Béji Caïd Essebsi ».
Si retrait de la vie politique il y a, il est visiblement loin d’être définitif puisque Marzouki annonce un retour éventuel, si jamais il constate « une quelconque menace à la Constitution, à la démocratie, aux libertés ou à l’indépendance du pays ». Toujours le costume de défenseur des droits de l’Homme qu’il a de plus en plus de mal à assumer aux yeux de l’opinion publique…
S.T










