C\’est le 25 juin 2020 que la séance plénière consacrée aux 100 jours du gouvernement a lieu. Le chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh, a fait son allocution pour débuter cette s »ance.
Elyes Fakhfakh a indiqué que le destin a voulu que le gouvernement prenne ses fonctions avec la pandémie du Covid-19. « Ce gouvernement n’avait pas de stratégie. Il venait à peine de prendre ses fonctions et de découvrir les rouages de l’administration, mais il avait une volonté sincère d’agir. Le gouvernement a conduit la bataille contre le Covid et l’a remportée. Je tiens à féliciter, d’ailleurs, le gouvernement pour tout le travail accompli durant cette période. C’était un travail collectif avec la participation de tout le monde. Chacun y a contribué depuis sa position et selon ses moyens. Nous avons établi des stratégies et nous avons mis en place différents mécanismes improvisés en adéquation avec le développement de la situation ».
Le chef du gouvernement a déclaré, dans ce contexte : « nous nous sommes fixés cinq objectifs. D’abord, la santé des Tunisiens qu’il fallait préserver indépendamment de tous les indicateurs économiques. Puis, nous avons veillé à ce qu’il n’y ait pas de famine. Nous avons fait en sorte que tous les Tunisiens perçoivent leurs salaires. Ensuite, nous nous sommes attardés sur le rapatriement de tous les Tunisiens bloqués à l’étranger ». Il a ajouté que des commissions scientifiques et de multiples réunions se sont succédées, soulignant que le dernier objectif restant est l’ouverture des frontières le 27 juin.
Par ailleurs, Elyes Fakhfakh est passé directement pour répondre à la polémique concernant le conflit d’intérêts, « Oui j’ai investi lorsque j’ai quitté mon poste de ministre en 2014. A l’époque, j’ai reçu beaucoup d’offres d’emplois, mais j’ai préféré l’investissement parce que j’ai toujours cru que c’est l’unique solution pour réaliser la croissance. J’ai investi à travers l’acquisition d’actions dans des entreprises actives dans le domaine de l’environnement parce que je suis convaincu que c’est l’avenir ».
Il a ajouté qu’il est actionnaire dans des entreprises légales et qui respectent la loi, affirmant qu’il a déclaré ses biens à l’Inlucc comme l’indique la loi. « Maintenant, l’article 20 porte à confusion et nous allons présenter une initiative législative pour éclaircir les points sombres ».
D’autre part, il a indiqué qu’il a toujours travaillé en toute transparence et qu’il veille à ancrer les valeurs de l’intégrité et à lutter contre la corruption. « Ainsi, ceux qui mettent en doute ma crédibilité, je dis vous pouvez toujours espérer ».
Une phrase qui a suscité la colère des plusieurs députés et suite à laquelle les élus du bloc Al Karama ont quitté la salle.
« Il faut arrêter avec le dénigrement et les diffamations. Il est impossible de parler de corruption en partant d’une simple suspicion de conflit d’intérêts, alors que seules les institutions de l’Etat et la Justice sont habilitées à trancher sur la question ».
Elyes Fakhfakh a indiqué que le gouvernement a réussi à maitriser la situation sanitaire, grâce aux multiples stratégies préventives et anticipatives ayant fait que la Tunisie soit parmi les meilleurs pays dans le monde dans la gestion de la situation épidémique.
D’autre part, il a rappelé toutes les mesures sociales prises durant la période de crise, soulignant que l’objectif était de préserver la situation financière des familles démunies, ainsi que la préservation des postes d’emplois. Il a, également, affirmé que plusieurs mécanismes d’aides ont été accordés aux entreprises afin de les accompagner durant la crise, soulignant qu’une partie des aides a été débloquée malgré un certain retard enregistré et sur lequel le gouvernement travaille actuellement.
Il a, également, assuré que le gouvernement actuel a accordé une grande importance au rapatriement des Tunisiens bloqués à l’étranger, et certains vols ont été organisés rien que pour ramener un faible nombre de citoyens, à l’instar des deux citoyennes rapatriées de Birmanie à bord d’un avion militaire.
Le chef du gouvernement a indiqué que les ressources fiscales de l’Etat seront amoindries de 5000 MDT et que le taux de croissance prévu sera de -6%, soulignant que cela implique l’augmentation du taux de chômage. « Mais ce n’est pas une situation spécifique à la Tunisie, c’est le cas de plusieurs pays dans le monde, même parmi les grandes puissances en Europe ».
Elyes Fakhfakh a, tout de même, indiqué, « La situation est certes difficile à cause du Covid-19 mais il ne faut pas croire que les choses étaient mieux avant. Nous avons un taux d’endettement effroyable, il est de 92 milliards de dinars. Un endettement de 82% du PIB et 60% de dette extérieure sont des chiffres qui font peur. Cela dépasse toutes les lignes rouges. Nous n’allons pas aller au-delà de ses 60% d’endettement, coûte que coûte. Nous devons travailler dur avec nos moyens pour passer à 40% pour pouvoir parler de souveraineté. D’autre part, il s’avère que l’Etat est redevable aux entreprises publiques et privées de 8 milliards de dinars. Les entreprises publiques suffoquent, elles sont en faillite et nous les observons. La santé publique souffre, sans parler de la pauvreté et de la situation dans les régions. Les solutions de rafistolage n’arrangent pas les choses. Une réforme profonde et un sauvetage s’imposent. Nous sommes partis dans une stratégie pour la relance économique, mais la réalité des choses implique un plan de sauvetage. Nous sommes partis sur une fausse piste, et nous devons rectifier le tir. Il faut oublier les élections et penser aux choses primordiales et fondamentales ».
Et d’enchaîner, « il faut finir avec les solutions de rafistolage. Nous avons besoin d’une unité nationale comme durant la période du coronavirus. Il faut commencer les projets en facilitant les procédures, en mettant fin à l’impunité et en luttant contre la corruption. Nos priorités est relancer l’économie, en trouvant des solutions aux problématiques du port de Rades, à la numérisation et en modernisant le Code des changes et du Commerce extérieur ».










