Le député Yassine Ayari est intervenu, ce vendredi 26 juin 2020, lors de la plénière consacrée à l’audition du chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh, assurant qu’il y a bien eu un conflit d’intérêts dans le marché remporté par le chef du gouvernement, tout en fournissant les arguments et les preuves disponibles au grand public.
Yassine Ayari a indiqué que le ministre de l’Industrie et des PME a commis un délit d’initié. « Cela devient de l’effort puisqu’un ministre ne se trompe pas. Donc c’est la loi qui est erronée et on change l’article 96, dit-il ironiquement. Pour le chef du gouvernement, c’est l’article 20 qui n’est pas clair et qu’on doit changer. L’article 20 est clair et la question de personne physique ou morale ne s’est jamais posée. Et l’article 18 n’est-il pas clair ? Demain, si un ministre grille un feu rouge, on changera le code de la route, ajoute-t-il toujours dans l\’ironie.
Vous êtes gérant de la société Standard Conseil après l’écoulement des délais de 60 jours. Ceci est passible d’une peine de prison de deux ans. Vous détenez également 38% de la société Valorisation Industrielle Tunisie. N’avez-vous pas émis une circulaire le 31 mars pour reporter tous les marchés publics ?! Tous ont été reportés sauf votre marché de déchets parce que vous avez un intérêt direct. Alors que vous êtes chef de gouvernement, n’avez-vous pas émis une circulaire annulant les pénalités de retard de réalisation pour les sociétés de déchets afin que ton entreprise touche notre argent en totalité, ce n’est toujours pas un conflit d’intérêts ? ».
Le député a poursuivi en assurant que le chef du gouvernement peut toujours démentir ses propos s’ils sont incorrects : « Vous ne pouvez le faire parce que tout ce que je dis est étayé par des documents issus des institutions de l’Etat, contrairement à toutes vos paroles en l’air ».
Il a indiqué que les propos du chef du gouvernement au début de la plénière sont mal placés, assurant que ce n’est pas ainsi qu’on s’adresse aux députés et aux juges. « Tout le monde sait qu’on ne vous a pas retiré la confiance parce que vous avez prêté allégeance à Rached Ghannouchi, acceptant d’être son apprenti au lieu de présenter des excuses. Vous avez préféré la fuite en avant, alors que quelques mots bien placés auraient pu résoudre le problème. Je ne vais pas vous appeler à démissionner parce que la démission nécessite un minimum de valeurs morales que vous ne détenez pas ».
« Je vous invite à aider le pôle judiciaire financier et la prison d’El Mornaguia, on ne sait jamais… Vous avez perdu toute crédibilité et le maximum que vous pouvez avoir est un procès équitable », conclut-il, soulignant que tout le monde a perdu sa bataille.
S.H










