Le Conseil de la Choura d\’Ennahdha tient, à partir d’aujourd’hui, samedi 27 juin 2020, son 40ème congrès à Hammamet.
Ce congrès intervient 48 heures à peine après la plénière consacrée jeudi à l’audition du gouvernement. Plénière qui a été particulièrement centrée sur le scandale de conflit d’intérêts dont fait l’objet le chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh.
Si Ennahdha a, bon gré mal gré, octroyé sa confiance au nouveau gouvernement, le mouvement n’a jamais caché que les choses risquaient « d’évoluer ». Depuis des semaines, le mouvement appelle, toujours sans succès, à « élargir la coalition gouvernementale » pour y inclure Qalb Tounes, « 2ème parti selon les voix récoltées aux urnes ». Elyes Fakhfakh ne l’entend pas de cette oreille et comptant sans doute sur le soutien du chef de l’Etat, il a dit non, encore une fois, allant même jusqu’à défier le parti islamiste en réitérant son refus lors de son interview télévisée du 14 juin.
Qu’à cela ne tienne, Elyes Fakhfakh traine des casseroles et Ennahdha le sait bien. Pas besoin de faire dans l’affrontement direct, le parti islamiste est passé maitre dans l’art de surfer sur les vagues. On parle déjà de motion de censure contre le gouvernement, certains appellent Fakhfakh à démissionner et tout cela avait été dit et prévu dès l’instant où il a osé dire non à Rached Ghannouchi.
Ce conseil de la Choura est sans doute décisif pour le gouvernement d’Elyes Fakhfakh. Si le député Ennahdha Samir Dilou a indiqué que son parti soutiendra le gouvernement « tant qu’il maintient les priorités sur la base desquelles il a été formé », dans les faits, rien n’est moins sûr. Et puis un incident de corruption est si vite arrivé…
M.B.Z










