Le journaliste et militant des droits de l\’Homme, Zied El Héni a publié ce matin du mercredi 29 juillet 2020, des documents de l’enquête relative à l’affaire « d’incitation à la violence » qui a conduit à l’arrestation et à l’incarcération de l’écrivain et journaliste, Taoufik Ben Brik.
Zied El Héni a ainsi souligné que le dossier monté contre Taoufik Ben Brik contenait seulement quatre pièces. D’abord un CD contenant les enregistrements de ses déclarations, le constat du Parquet concernant ces déclarations, sa décision de déférer le dossier devant la brigade de la Garde nationale à l’Aouina pour l’interroger et les procès-verbaux de la Garde qui n’a pas été en mesure de le faire vu que Ben Brik se trouvait à l\’étranger, et enfin la décision du ministère public de renvoyer le dossier devant la chambre pénale pour outrage à magistrats.
« Il n’y a pas un mot dans le dossier qui fait référence à une quelconque incitation à combattre avec des armes ou une incitation à la violence, comme le prétend l’AMT dans ses déclarations incendiaires. Si Ben Brik avait été jugé pour de tels propos, personne n’aurait contesté ce jugement » a poursuivi le journaliste.
Hier, l\’Organisation tunisienne de protection des journalistes (OTPJ) a estimé que la condamnation à un an de prison ferme avec exécution immédiate, émise contre l’écrivain et journaliste, Taoufik Ben Brik est « injuste » et qu’il a été victime d’une campagne menée par le président de l’AMT, Anas Hmeidi.
L’OTPJ a souligné que Taoufik Ben Brik a certes insulté des juges mais n’a, à aucun moment, émis à leur encontre des accusations justifiant une telle démarche. « Les abus commis par Taoufik Ben Brik contre les juges qu’il a mentionnés se limitaient à la diffamation et aux insultes, sans leur attribuer des accusations pour des actes légalement répréhensibles comme la corruption, par exemple, ou d\’autres abus qui sont parfois attribués à certains juges et pour lesquels ils doivent rendre des comptes » a-t-elle précisé.
Le syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a aussi fermement dénoncé l’arrestation de Ben Brik réclamant sa libération immédiate.
Le SNJT a qualifié ce jugement de « grave déviation du traitement judiciaire d’un dossier qui s’inscrit dans le cadre de la liberté d’expression ».



M.B.Z










