La commission médiatique pour la défense du journaliste Taoufik Ben Brik, a tenu ce mercredi 29 juillet 2020, une conférence de presse dans les locaux du SNJT.
La commission a annoncé avoir déposé ce matin une demande de libération du journaliste incarcéré depuis le 23 juillet pour « outrage à magistrats et incitation à la violence ». Elle a appelé le chef de l’Etat à intervenir en faveur de Taoufik Ben Brik, conformément à la loi, tenant en considération son état de santé et la menace du Covid-19 dans les prisons.
La demande en question a été rejetée selon l’avocat Bassem Trifi. « Rendez-vous le 4 août devant la cour d’Appel de Tunis pour défendre la liberté d’expression et rendre justice » a-t-il écrit dans un statut publié sur les réseaux sociaux cet après-midi.
Le président du Syndicat National des Journalistes Tunisiens, (SNJT), Néji Bghouri, a qualifié Taoufik Ben Brik de « sel » du journalisme tunisien, estimant que son arrestation et la manière avec laquelle a été traité son dossier n’augurent rien de bon pour la liberté de la presse en Tunisie.
L\’Organisation tunisienne de protection des journalistes (OTPJ) a souligné, hier, que Taoufik Ben Brik a certes insulté des juges mais n’a, à aucun moment, émis à leur encontre des accusations justifiant une telle démarche. « Les abus commis par Taoufik Ben Brik contre les juges qu’il a mentionnés se limitaient à la diffamation et aux insultes, sans leur attribuer des accusations pour des actes légalement répréhensibles comme la corruption, par exemple, ou d\’autres abus qui sont parfois attribués à certains juges et pour lesquels ils doivent rendre des comptes » a-t-elle précisé.
L’Organisation a estimé que le ministère public a renvoyé à tort l\’accusé devant la chambre pénale pour qu\’il soit poursuivi pour diffamation, sans se fonder sur une plainte des personnes concernées comme le dispose la loi. « Les poursuites pour diffamation sont encadrées par le décret 115 qui dispose que les plaintes ne soient pas déposées auprès du Parquet mais que le plaignant convoque le représentant du ministère public et le suspect, après avoir soumis sa plaidoirie directement à la présidence du tribunal, qui fixe la date d\’un procès s\’il le juge nécessaire » a-t-elle ajouté.
M.B.Z










