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Chahed, Fakhfakh, Mechichi : jamais deux sans trois ?

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    Fallait-il s’attendre à des nouveautés dans le discours d’investiture de Hichem Mechichi devant les députés de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) par rapport à ceux qui l’ont précédé, particulièrement de 2016 avec Youssef Chahed et 2020 avec Elyes Fakhfakh ? Ni les constats, ni les diagnostics, ni les priorités n’ont changé. Les crédos demeurent encore les mêmes. Faudrait-il pour autant prédire d’ores et déjà l’échec de ce gouvernement en invoquant l’adage du « jamais deux sans trois » ? Ce serait trop simpliste.  

    Le gouvernement de Hichem Mechichi doit avoir lui aussi le droit de bénéficier d’une centaine de jour de grâce, comme tous les gouvernements précédents. Un délai qu’il devrait rapidement mettre à profit pour révéler son savoir-faire et venir à bout de la crise économique sans précédent qui secoue le pays.

     

    Malheureusement, en reprenant la démarche discursive de ses prédécesseurs, le chef du gouvernement n’a pas tenu compte de l’évolution du contexte économique et particulièrement de l’impact de la pandémie du Covid-19. Certes, Hichem Mechichi a énuméré des données socioéconomiques importantes telles la baisse vertigineuse de la demande de consommation de 25%, la dégringolade des taux d’épargne et d’investissement, la flambée de l’endettement pour résoudre le problème des déficits jumeaux, de budget et de paiements extérieurs, la montée du chômage, etc. pour illustrer l’ampleur des problèmes à résoudre. Cependant, le chef du gouvernement a omis de signaler une donnée économique essentielle sinon existentielle qui résume à elle seule la situation économique du pays : le taux de croissance du Produit intérieur brut.

    L’effondrement de l’activité économique durant le 2e trimestre 2020 ne présage absolument rien de réjouissant. Car, le recul de plus de 20% du PIB durant cette période n’a pas pour seule raison l’impact de la pandémie. L’économie du pays entrait déjà en récession depuis le 1er trimestre 2020. Le Covid-19 n’a fait qu’amplifier la trajectoire de décroissance de l’activité économique. En tout cas, l’estimation du gouvernement sortant d’un recul du PIB de 7% en 2020 apparait bien optimiste sinon illusoire. Il faudrait craindre en effet une récession à deux chiffres. Certains situeraient la baisse autour de…14%  du PIB, d’autres avancent des taux encore plus calamiteux.

     

    Compte tenu d’une telle hypothèse, c’est le projet de loi de finances complémentaire dont l’élaboration est quasi-achevée que le gouvernement Mechichi serait amené à revoir. C’est le projet de loi de finances et de budget pour l’exercice 2021 qui nécessitera une première série de douloureux arbitrages. En effet, il ne faudra pas trop compter sur une reprise de la  croissance l’année prochaine. Ce ne sera qu’un « rebond technique », comme le qualifie les statisticiens. Autrement dit, la création de richesse sera supérieure à celle réalisée en 2020, mais demeurerait inférieure à celle affichée en 2019.

     

    Dans une telle configuration, on peut se demander de quelle manière le nouveau gouvernement envisage d’ « arrêter l’hémorragie des finances publiques » et redresser le cadre macro-économique. Il serait tout aussi intéressant de savoir comment il compte améliorer les ressources propres de l’Etat tout en poursuivant l’accompagnement des entreprises impactées. Il serait également opportun de connaître les intentions du gouvernement sur la réforme de l’Impôt sur les sociétés (IS) qui devrait entrer en vigueur à partir de l’année prochaine. Il serait aussi logique que le gouvernement affirme sa position sur la loi votée à la sauvette à l’ARP obligeant l’administration à recruter les chômeurs de plus de 10 ans d’inactivité, une véritable bombe à retardement qui transpose l’empoisonnant dossier d’El Kamour à l’échelle nationale. Ce gouvernement va-t-il soutenir le projet de loi d’amnistie de change sans s’interroger sur ses fondements éthiques ?

     

    C’est à ce genre de question qu’on attendait des réponses claires dans le discours d’investiture du chef du gouvernement et non pas à des généralités sur lesquelles s’accorde tout un chacun. Sinon, cela sera effectivement du « jamais deux sans trois ».  

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