L’ancien ministre des Finances, Hakim Ben Hammouda, a été l’invité de Wassim Ben Larbi dans l’émission Expresso du lundi 2 novembre 2020, sur les ondes d’Express FM. Il est revenu sur la gravité de la situation en Tunisie appelant à déclarer “un état d’urgence économique”.
Il a soutenu que la loi de Finances 2021 et les divergences entre la Banque centrale de Tunisie et le ministère des Finances, n’étaient qu’une traduction de la situation économique “dangereuse” expliquant que la conjoncture actuelle était la résultante du modèle de développement dans lequel s’est engagé la Tunisie depuis l’année 2000, conjugué aux déséquilibres et crises qui se sont succédé depuis la révolution, notamment la hausse des dépenses à un rythme exponentiel face au ralentissement de la courbe des revenus.
“A cela s’ajoute les conséquences imprévisibles de la crise sanitaire mondiale. Nous avons atteint un niveau de récession inédit. Les chiffres officiels parlent de -7% mais avec la deuxième vague de la pandémie, la croissance pourrait chuter à un taux négatif à deux chiffres”, a-t-il déclaré.
Hakim Ben Hammouda a évoqué, dans ce sens, son initiative visant à déclarer “un état d’urgence économique”. “A mon sens, nous ne pouvons plus avancer des solutions classiques face à cette situation”.
“Cela implique une mobilisation exceptionnelle des forces politiques, économiques et sociales afin de trouver des solutions consensuelles et sortir de l’ornière”, a-t-il expliqué.
Interpellé sur le dossier de l’endettement et un éventuel rééchelonnement des dettes de la Tunisie, l’ancien ministre des Finances a noté que cette pratique impliquait, souvent, une tentative d’ingérence de la part des créanciers dans les politiques et décisions souveraines d’un Etat.
“Les institutions de l’Etat, notamment le ministère des Finances et la BCT doivent s’unir pour trouver le moyen d’honorer les engagements du pays”, a-t-il affirmé soulignant qu’il était temps d’engager les réformes adéquates pour reconstruire l’économie de la Tunisie.
“Le rééchelonnement de la dette est une ligne rouge que nous devons éviter”.
Rappelant la nécessité d’accélérer la mise en oeuvre des projets d’investissements de l’Etat, Hakim Ben Hammouda a déploré le blocage de la loi d’urgence économique “devenue une balle que le gouvernement et l’Assemblée des représentants du peuple ne cessent de se renvoyer”.










