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Mechichi – Vous avez dit destruction ?

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    Novembre pointe déjà le bout de son nez et présage de la fin de cette année hors du commun…En attendant, le monde part en sucette.

    La pandémie, imprévisible et inévitable, s’est abattue sur le monde et a chamboulé tous les équilibres déjà établis. Comme pour prouver que rien ne peut être tracé d’avance, elle a mis le monde face à un avenir incertain pour lequel il peine, pour l’heure, à trouver des solutions.  

    La France interdit la vente des produits dit « non-essentiels » de ses rayons, provoquant la consternation de ses citoyens. Les Etats-Unis s’apprêtent – peut-être – à dire adieu à un président que le bilan prédisposait à briguer un deuxième mandat. Les attentats terroristes se multiplient dans un contexte très tendu et la crise économique balaie tout sur son passage.

    Le monde patauge et ne sait pas comment faire face à cette situation qui a échappé aux prévisions et aux projections les plus pointues. Et nous, nous ne sommes certes pas en reste.

     

    C’est une conférence de presse indéniablement défaitiste et pessimiste qu’a tenue le chef du gouvernement Hichem Mechichi aujourd’hui. Lorsqu’un chef de gouvernement ne trouve pas d’autres mots pour justifier son (court) bilan qu’en expliquant que c’est la faute à ceux qui l’ont précédé et qu’il n’y pouvait rien, c’est que nous sommes vraiment dans la mouise.

    Sachons-le, regardons-le en face et réalisons-le une bonne fois pour toutes. « Ce déficit, ce n’est pas le gouvernement qui l’a apporté avec lui…Nous aurions apprécié plus de transparence [de l’ancien gouvernement], ils ont été plus optimistes qu’il ne faudrait…C’est comme celui qui, mécontent de son reflet, décide de briser le miroir dans lequel il se regarde », tels sont les propres termes du chef du gouvernement. Plus de place au doute…ni à l’espoir.

     

    Après la surprise des mesures Covid annoncées en catimini à 2h du matin, il ne fallait pas espérer que, cette fois-ci, Hichem Mechichi se pointe à l’heure. Alors que, pour une fois, les services de la Kasbah ont annoncé une heure exacte pour l’allocution gouvernementale – au lieu de l’habituelle, dans la soirée, dans la journée – c’est avec presqu’une heure de retard que Hichem Mechichi s’est présenté aux journalistes. Mais ne vous offusquez-pas, gentes citoyens, cette conférence n’est pas pour vous. Comment voulez-vous qu’elle le soit, diffusée à 16h alors que vous êtes en train de courir dans tous les sens, dans vos bureaux, dans la circulation ou en train de faire vos courses afin d’échapper à la loi implacable du couvre-feu ?

     

    Cette conférence de presse, au ton monocorde et intelligible, est destinée à la banque centrale de Tunisie. Vous remarquerez d’ailleurs que le nom de la BCT a été répété pas moins de 12 fois pendant une allocution qui a duré moins de 30 minutes.

    C’est que le gouvernement digère mal le niet catégorique opposé par la BCT à ses sollicitations de financer le déficit budgétaire. Présenté par Mechichi comme l’unique et ultime bouée de sauvetage à une crise inéluctable, la solution a été balayée d’un revers de main par l’institution monétaire qui a souhaité rester attachée à son indépendance, voulant garantir sa mission première celle de « maintenir la stabilité des prix et de contribuer à la stabilité financière ».

     

    « Nous avons trouvé la solution…Nous sommes convaincus que la BCT est consciente du rôle très important qu’elle aura à jouer pour limiter les répercussions de la crise économique que traverse le pays. Nous croyons en l’indépendance de la BCT, mais il faut savoir aussi qu’elle évolue dans un contexte économique qui nous englobe tous […] Nous aurions aimé que les échanges se fassent autour d’une table et non via des communiqués qui annoncent des décisions prises. Bon, voilà ce qui s’est passé », a déclaré Hichem Mechichi aujourd’hui à l’adresse du gouverneur Marouen Abassi.

     

    Pour Mechichi, si le bilan est aussi sombre, il n’y peut rien et la balle est désormais entre les mains de la BCT. Il n’arrête pas de le dire en évoquant le mot magique « la continuité de la vie économique et le pain du Tunisien ». La balle est donc dans son camp et si elle ne répond pas à l’appel, elle aura failli à sa responsabilité envers le citoyen.

     

    Jamais discours politique n’aura été aussi sombre et défaitiste. En cette période de crise économique, aggravée par une pandémie avec laquelle le monde entier se bat, Hichem Mechichi consacre 30 minutes au public pour ponctuer son discours des mots : crise, entrave à la production, lenteurs administratives, déficit, inflation, urgence… avant de les achever en prononçant le mot « destruction », en évoquant le dossier d\’El Kamour.

    « Faisons face à l’ampleur de la destruction que nous avons causée à nous-mêmes. Assez perdu de temps dans la contemplation, il faut retourner au travail », a-t-il dit. Si la responsabilité n’est celle de personne, à qui est adressé ce message ?

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