La députée du bloc parlementaire de la Réforme nationale, Nesrine Laâmari a affirmé vendredi 5 février 2021 que l’affaire des trois kefois condamnés à trente années de prison devrait être réexaminée et jugée par la cour d’appel et que les sanctions pénales devraient être allégées.
Le 21 janvier 2021, trois jeunes kefois ont écopé de trente ans de prison chacun pour détention et consommation de cannabis dans les vestiaires d’un stade. Ce verdict prononcé en première instance a provoqué un tollé de réactions au sein de la société civile et la sphère politique.
« Selon les statistiques, les perceptions des Tunisiens sur les sanctions relatives à la consommation de cannabis ont changé. La majorité des citoyens seraient convaincus de la nécessité d’alléger les sanctions privatives de liberté alors que ceux qui estiment que le remplacement des sanctions pénales encourage la consommation de stupéfiants sont minoritaires », s’est exprimée l’élue au micro de Hamza Balloumi sur les ondes de Shems FM.
Soulignant que l’amendement, s’il passe, promet des sanctions décuplées contre les trafiquants, la députée a martelé : « L’amendement propose d’infliger des amendes pour les personnes ayant consommé du cannabis pour la première fois et des sanctions qui varient entre six mois et une année selon l’avis du juge en cas de consommation de cannabis pour la deuxième fois. Ainsi, les sanctions seraient moins sévères pour les simples consommateurs que les détenteurs des locaux destinés à abriter la consommation de stupéfiants.
Nesrine laâmari a précisé que la proposition législative serait discutée et votée en plénière au bout de deux mois (au maximum). « Nous avons demandé de l’examiner en urgence pour amender la loi pour sauver le plus tôt possible l’avenir des jeunes. L’examen de la proposition par le bureau du Parlement ne dépasse pas une semaine, puis elle sera discutée en priorité à la commission de la législation générale et celle des droits et des libertés», a-t-elle souligné.
« La proposition législative va passer car, dit-elle, nous avons présenté les grandes lignes qui font l’unanimité et nous avons évité les dispositions qui peuvent être contestées sous prétexte du manque de moyens nécessaires ».
« C’est l’Etat qui va présenter un projet de loi complet mais notre tâche est de soutenir les jeunes et leurs familles qui subissent des sanctions pénibles », a-t-elle poursuivi.
I.M.










