La Cour des comptes a relevé, dans son 32èmerapport annuel publié récemment, qu’il n’existe pas de données précises et complètes sur le montant global des fonds étrangers qui ont été alloués aux associations en Tunisie.
Elle a pointé un mauvais suivi des programmes de coopération internationale par le ministère des Affaires étrangères et le ministère en charge de la coopération internationale, et un manque de coordination faisant que les fonds étrangers obtenus par les associations dans le cadre de la coopération internationale n’ont pas pu être déterminés avec la précision nécessaire. La cour a aussi évoqué la dispersion des informations disponibles entre les services des deux ministères.
« 566 associations n’ont pas informé le secrétariat général du gouvernement qu’elles ont reçu des financements étrangers et n’ont pas publié les détails de ces financements dans les médias. Le secrétariat n’a pas les moyens d’identifier les violations et d’infliger les sanctions ce qui prouve qu’il n’était pas au courant pour des financements d’au moins 31,8 millions de dinars » a ajouté la Cour des comptes.
Sur la question de la gouvernance, il s’est avéré que les comités de pilotage des quatre programmes de coopération internationale n\’ont pas effectué les réunions périodiques nécessaires qui devaient être imposées par le ministère en charge de la coopération internationale, en tant que coordinateur national de ces programmes. C’est lui, en effet, qui doit organiser ces comités afin d\’assurer la bonne mise en œuvre des programmes.
« Les accords de coopération internationale relatifs au financement des associations ne comportent toujours pas de mécanismes permettant d’en assurer le suivi, cela s’est traduit par un manque de suivi des autorités tunisiennes dans la mise en œuvre des projets » indique le rapport.
Concernant la mise en œuvre des projets, la Cour des comptes a relevé des retards qui sont allés jusqu’à dix ans et des budgets réduits au tiers.
« Certains projets mis en œuvre par des associations ont connu des manquements tels, qu’à la fin, cela a eu un impact très négatif sur leur objectif de base. En 2017 et 2018, le programme d’appui à la culture et celui concernant les centres d’aide aux femmes victimes de violence ont manqué de suivi, au point qu’un centre a dû fermer et que deux autres ont vu leur activité diminuer » a-t-elle affirmé, ajoutant que la mauvaise gestion des fonds alloués aux projets, les dépenses injustifiées et souvent engagées en dehors des projets, ont fait qu’il est arrivé qu’un projet a vu son budget réduit de moitié.
M.B.Z










