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Rached Ghannouchi : Kaïs Saïed a visé la totalité de la Constitution pour asseoir son projet

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    Le chef du mouvement Ennahdha, et président du Parlement Rached Ghannouchi a accordé une interview, ce mercredi 21 décembre 2021, à la chaîne du “Télévision arabe”, pour revenir sur les décisions du président de la République Kaïs Saïed du 25-Juillet.

    Rached Ghannouchi a indiqué que le président Kaïs Saïed avait offert un très mauvais cadeau au peuple tunisien le jour de la fête de la République. “Les décisions de Saïed ne visaient pas une partie de la Constitution, mais la totalité de la Constitution pour asseoir son projet individuel, annulant les acquis démocratiques de la révolution”.


    Rached Ghannouchi a assuré que la nuit du 25-Juillet était un coup dur à encaisser, notamment, la fermeture du Parlement avec des chars, considérant que l’image était scandaleuse.

    Par ailleurs, il a souligné que le président de la République l’avait induit en erreur, et qu’il avait juste informé de son intention d’activer l’article 80 de la Constitution sans le consulter réellement.

    Le chef du mouvement Ennahdha, a réaffirmé que l’ancien chef du Gouvernement, Hichem Mechichi avait été humilié, ce soir-là, au Palais de Carthage. Il a ajouté que la situation n’était certes pas excellente durant cette période, sauf que la responsabilité revient au laxisme du président de la République et au représentant de la diplomatie tunisienne, notamment, pour ramener les vaccins.

    Dans ce contexte, il a indiqué “ On se demande bien pourquoi les vaccins et les équipements n’étaient pas parvenus avant le 25-Juillet ? Il n’y avait les efforts nécessaires”.

     

    Par ailleurs, Rached Ghannouchi a indiqué que le mouvement Ennahdha assume une partie de la responsabilité de la crise politique, soulignant que cette responsabilité est proportionnelle à sa participation aux gouvernements qui se sont succédé. 

    Le chef du mouvement Ennahdha a indiqué, également, qu’avant le 25-Juillet, la Tunisie souffrait d’une crise économique, sauf qu’à la suite des mesures exceptionnelles imposées par Kaïs Saïed, une crise politique avait pris naissance. Dans ce contexte, il a estimé que la Tunisie ne pouvait supporter les répercussions d’un tel coup d’Etat, ajoutant que la démocratie et les libertés garanties par la Constitution étaient parmi les principaux acquis de la révolution. « Une révolution que Kaïs Saïed voudrait anéantir à travers l’annulation de la Constitution et la prise du pouvoir absolu ».

     

    Interrogé à propos de l’avenir du mouvement Ennahdha dans le paysage politique actuel, Rached Ghannouchi a affirmé que Kaïs Saïed, dans l’optique de sa démarche autocratique, pourrait même dissoudre le mouvement, moyennant un simple décret. Or, il a écarté une telle éventualité. Il a assuré qu’une telle décision revient exclusivement au peuple tunisien, qui, lui, pourrait rejeter le mouvement Ennahdha, comme il peut aussi rejeter le pouvoir actuellement en place. 

     

    D’autre part, il a estimé que Kaïs Saïed s’ingère dans le pouvoir judiciaire à travers les pressions qu’il exerce en rapport avec les accusations concernant les financements étrangers lors des élections alors que l’affaire était déjà devant la justice. Dans ce sens, il a assuré que le mouvement était le parti le plus organisé et le plus transparent, soulignant qu’il avait toujours coopéré avec la cour des comptes.



    S.H

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