Les zones de conflit ont toujours été un environnement dissuasif des investissements. Ainsi, les propriétaires de capitaux dans ces zones ont-t-ils souvent recours à une étude approfondie et minutieuse des choix qui s\’offrent à eux avant de dépenser sur des projets dont il est difficile de prédire les bénéfices. L\’idée d\’une perte potentielle selon les changements dans la réalité reste en effet dans l\’esprit du commerçant ou de l\’investisseur.
Des préoccupations pareilles continuent à inquiéter les commerçants yéménites, qui ont immobilisé une partie de leurs fonds en attendant de saisir la bonne opportunité, alors que d\’autres se sont dirigés vers ce que l\’on peut appeler des « refuges sûrs » dans certaines régions du pays. Dès qu’ils ont remarqué des opportunités différentes et encourageantes dans certaines villes, ces investisseurs ne se préoccupent plus du risque de la perte causée principalement par les répercussions du conflit et par des expériences vécues auparavant.
À ce stade, de nombreux investisseurs ont choisi des villes comme Aden et Mokha pour déplacer et faire fructifier leurs fonds grâce à des projets d\’investissement et à un commerce sûr. Il y a une dizaine d\’années, Sanaa était la destination incontournable des commerçants et des investisseurs, car cette ville représentait la capitale politique du pays et la pyramide de l\’État central. Actuellement, c’est la ville d\’Aden, qui a acquis ce statut puisqu’elle a gagné la confiance des commerçants et des capitaux, puis arrive le tour de la ville de Mokha et Hadramaout.
Sanaa a perdu ce privilège, comme le reste des villes sous le contrôle des Houthi, qui ont imposé des lois contraignantes aux commerçants qui minaient le niveau de leurs activités. De plus, le groupe a formulé des firmans spéciaux pour doubler les taxes et obliger les commerçants à payer des frais de douane illégaux, ainsi qu\’à leur imposer des redevances financières régulières. S’ajoute à ces raisons la difficulté aux commerçants de faire des affaires librement, ce qui les a incité à choisir des destinations alternatives au Yémen, de sorte que la plupart d\’entre eux sont allés à Aden et Mokha. Ces deux villes se distinguent en particulier par le caractère sécuritaire stable et les pouvoirs juridiques gratuits que l\’investisseur obtient sans harcèlement.
Avec une approche simple, il est clair qu\’au cours des deux dernières années, Aden et Mokha ont fait un pas important pour gagner la confiance des investisseurs. Ce qui empêchait auparavant ces investisseurs de lancer de nouvelles expériences d\’investissement à Aden, Mokha et même Hadramaout, est désormais devenu pour eux une opportunité d\’échapper aux charges du commerce régi par de nouvelles lois et d’accéder à un marché de travail régulé par des lois rationnelles qui permettent la réussite de leurs projets dans un environnement de sécurité stable.
Des projets d\’hôtellerie, de divertissement et d\’autres investissements dans les services ont été entamés dans les deux villes. Les propriétaires de capitaux ne sont pas les seuls à investir dans ces zones, mais aussi les propriétaires de petites et moyennes entreprises qui ont saisi l\’occasion loin des conséquences du conflit. Ils ont alors eu recours à Aden, Mokha et Hadramaout, pendant que d\’autres propriétaires ont choisi des villes voisines d\’Aden comme Ad-Dali’ et Lahij, pour les mêmes raisons.










