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Le sombre chemin du lumineux Kaïs Saïed

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    La terre tourne toujours à la même vitesse, dans le même sens, sur le même axe. Ses Hommes sont toujours surprenants, si ingénieux en actes pour détruire, tellement infimes en nombres pour construire. Une grande majorité pour qui il manque l’acte à la parole et c’est d’ailleurs parfois préférable.

     

    Sur le front du Covid, qui compte à son actif autant de variants que les complotistes ont de théories, on s’interroge sur le bénéfice d’une quatrième dose de vaccin, qu’on appelle aussi deuxième dose de rappel.  Pour mémoire, la première injection était la vaccination, la seconde un boost et la troisième un rappel. Et si entre temps on a attrapé le Covid, il compte comme une injection. De rappel, de boost, de vaccination, mêmes nos anticorps sont incapables de le dire.

    Le fait est que cette quatrième dose, même si elle semble efficace à 52% contre l’infection, 61% conte l’infection avec symptômes, 74% contre l’hospitalisation, 64% contre l’admission en soins intensif et 76% contre le décès, l’étude israélienne publiée ce mercredi qui énonce ce constat n’a pas réussi à quantifier dans le temps cette efficacité. Rappelons que la première dose de rappel, la troisième injection donc, a démontré une efficacité pendant 5 mois, délai au-delà duquel le patient boosté avec une seconde injection, et celui rappelé avec une troisième injection avaient exactement le même pourcentage de malchance de développer une forme symptomatique. Ce dernier point est le fruit d’une étude britannique et française. #surdose

    Enfin bouclons la boucle avec ce nouveau test venu des États-Unis mis au point par la société InspectIR qui nous annonce des tests de dépistage du Covid par l’haleine fiable à 91,2% pour repérer le virus, et à 99,3% pour l’identification des cas négatifs. Nos narines devenues des tunnels autoroutiers à quatre voies en frétillent de bonheur, les fabricants d’écouvillons sont plus circonspects et trouvent l’idée moins riche. #lebonheurdesuns

     

    Impossible de passer sous silence le drame humain qui se joue entre l’Ukraine et la Russie. Au 21ème siècle, un nouveau front guerrier a éclaté pour d’obscures raisons multifactorielles et dont chacun a un avis bien tranché. Le fait est que des milliers de civils meurent, des millions sont déplacés, et des milliards sont dépensés. Au dernier décompte, la guerre menée par les Russes en Ukraine aurait déjà coûté plus que la recherche scientifique contre le Covid et le cancer. #saleguerre

    Marioupol, port de la mer d’Azov situé dans le sud-est du pays, ville russophone de 450 000 habitants va tomber entre les mains des Russes. Après plus de cinquante jours de combats intensifs, un blocus meurtrier, des combats assassins, la résistance ukrainienne se réduit comme peau de chagrin, et les Russes s’apprêtent à célébrer la prise de cette ville dont la finalité est de relier la Crimée au Donbass. Mais à quel coût humain ? #ungrandprixpourlhumanié

    Il est manifeste que cette guerre, malgré ses drames, se joue sur le terrain médiatique, et que l’avantage en occident est largement donné au Président ukrainien dont le pays est envahi, dont la population est déplacée, pilonnée, massacrée, torturée. D’autres endroits dans le monde, qui ne portent pas Vladimir Poutine dans leur cœur, regrettent toutefois que cette même levée de boucliers pour l’agressé, et contre l’agresseur n’a pas été observée contre les USA dans leur guerre en Irak qui a fait pas moins de 250 000 victimes civiles, ou contre la France après le chaos laissé en Libye suite à son intervention armée, ou encore pour condamner l’Arabie Saoudite de ses crimes commis au Yémen. Toutes ces interventions se faisaient au nom d’une noble cause, comme Poutine qui prétend lutter contre la nazification de l’Ukraine. Les mobiles étaient fallacieux, tout comme celui de Poutine, et l’histoire n’oubliera pas le mensonge éhonté de feu Colin Powell à l’ONU en 2003, avec une fausse présentation powerpoint, de fausses images satellites, une fausse fiole d’anthrax, de fausses conversations entre officiers irakiens qui parlent d’agents neurotoxiques, de fausses armes de destruction massive, dans un vrai Irak avec de vrais êtres humains.  Tout était faux, sauf le chaos dans le pays, le nombre de morts, les actes de tortures, et les crimes qui ont été commis. #mensongedetat

    Sans parler des populations déplacées qui fuient la guerre et une mort certaine, appelés refugiés pour les Ukrainiens, quand les mêmes, Syriens, sont migrants.

    La situation des Ukrainiens est terrible, et appelle la compassion de tous au nom des valeurs humaines qui doivent animer l’être humain. Tout comme c’était le cas pour les Syriens, et pour les Hommes qui fuient la mort. Mais l’Histoire n’oubliera pas, alors qu’aujourd’hui on accueille les bras et le cœur ouverts les réfugiés ukrainiens, le petit Aylan Kurdi, syrien, mort noyé sur une plage turque à 3 ans, alors que l’Europe s’écharpait pour savoir comment empêcher tous ces migrants syriens.  La France a même été dénoncée par le Commissaire aux droits de l’Homme au Conseil de l’Europe pour « ses très faibles engagements en matière d’accueil des Syriens et ses délais de procédure, en contradiction avec ses déclarations d‘intentions générales ». Manuel Valls, alors Premier ministre avait déclaré : « Disons-le clairement, nous ne pourrons pas accueillir tous ceux qui veulent fuir les zones de conflits ». François Hollande avait proposé d’en accueillir 24 000. Au final, ce sont à peine 10 000 syriens qui ont trouvé refuge en France, sur les 6,5 millions syriens qui ont fui la mort chez eux.  Depuis le début de l’attaque Russe en Ukraine, soit depuis le 24 février dernier, la France a accueilli 26 000 refugiés ukrainiens. #memepoiddeuxmesures

     

    Comment passer à côté de l’élection présidentielle française, qui va voir s’affronter au second tour Emmanuel Macron à Marine Le Pen. Il est loin le temps, en 2002, où Jacques Chirac, la mine défaite, du soir du premier tour, annonce que l’heure est grave, car un candidat d’extrême droite est au second tour d’une élection nationale dans la France des Lumières et de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen.

    La gauche, incarnée par Jean-Luc Mélenchon, qui avait été accusée de tous les mots et notamment celui d’islamo-gauchiste, s’avère avoir dans les faits un électorat qui à 30% préfère voter Marine le Pen que Macron. L’accusation avait fait couler beaucoup d’encre, mais les faits électoraux sont là, il n’y a pas ou peu d’islamo-gauchistes chez Mélenchon. Le débat qui s’avère donc infondé contre Mélenchon, n’a servi qu’à l’extrême droite, qui se retrouve aujourd’hui, et une nouvelle fois, au second tour de l’élection présidentielle. Et qui au premier tour a réuni un tiers de Français si on additionne les scores de tous les candidats qui ont véhiculé les idées abjectes de l’extrême droite. #lefeucabrule

    Karim Ben Cheikh, franco-tunisien, candidat pour l’union de la gauche à la députation de la 9eme circonscription des Français de l’étranger, dont ceux résidents en Tunisie, a appelé dans un message aussi courageux que clair à faire barrage à l’extrême droite en refusant toute compromission dont il fixe le point de départ à la simple abstention. Il fait justement la part des choses en affirmant que faire barrage à Marine Le Pen, en mettant un bulletin pour Emmanuel Macron n’empêche pas l’opposition à son projet politique qu’il juge trop libéral notamment. Pour le second tour de l’élection présidentielle, le temps n’est pas au combat politique, mais à la sauvegarde de ce qui fait les valeurs humanistes de la France. Il y a un temps pour tout, Karim Ben Cheikh l’a compris, son combat politique de gauche fait partie de son ADN politique, mais son attachement à la France des lumières le transcende. Avant de lutter contre un projet libéral qu’il juge néfaste, il se bat pour une France sans extrême droite à sa tête. Que ceux qui hésitent encore pensent comme lui, la voie des valeurs humanistes doit être supérieure aux sentiers des clivages politiques. #lapartdeschoses

     

    Et pendant que le monde s’étripe, que la France est une nouvelle fois à la croisée des chemins, en Tunisie, on sombre un peu plus dans une équation à tellement d’inconnues qu’il faudrait une ‘deguezza’ plus qu’un mathématicien pour la résoudre. L’économie tunisienne n’a plus d’économie que le nom. La politique n’a plus de politique que le « po » qu’elle partage avec le populisme. Le président de la République qui est censé présider la République, préside à ce qui semble vouloir faire devenir sa république. Le peuple, comme ailleurs, en paie le prix fort à commencer par celui de son alimentation. L’essence, déjà produit de luxe depuis un moment, trouve désormais à ses côtés, le concombre, l’œuf, la viande, le poivron ou encore la tomate. Le 25 juillet, son coup de pied dans la fourmilière des politicards et des combinards n’a pour le moment eu d’effet que dans les épinards où il n’est plus possible de mettre du beurre, non pas faute de beurre, mais faute d’épinards. #ledoigtetlalune

    Au mieux la Tunisie aura une belle nouvelle constitution, au pire, une constitution qui montrera ses faiblesses à sa première confrontation avec un Homme animé d’intentions bienveillantes, mais entre-temps, les Tunisiens seront morts de faim, de froid, morts d’attendre que tous ceux qui veulent leur confisquer leur Tunisie aient fini leurs délires messianiques. Mais aujourd’hui, le quotidien est tellement obscurci que la grande part d’ombre du chemin présidentiel est perçue comme une lumière.

     

    C’est la fin de la semaine, c’est la fin de ce trip, vous pouvez éteindre vos smartphones et vous souhaiter une chehiya tayba, c’est, en ce moment, le seul souhait qui reste à portée.

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