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Kobbet El Houa risque de s’effondrer

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    La bâtisse beylicale de Kobet El Houa, un bâtiment des plus mythiques de la commune de la Marsa, risque de s’effondrer. Par manque de moyens juridiques permettant la restauration, les autorités locales se sont contentées de planter un panneau mettant en garde contre le danger d’y pénétrer. 

     

    Les photos de ce panneau ont vite fait réagir la toile. Plusieurs internautes ont dénoncé l’incapacité de l’Etat à prendre soin de ses monuments. « Cela fait mal au cœur … un pays qui n’arrive pas à créer et édifier mais qui voit également ses acquis se détériorer voire s’effondrer ! », a écrit le journaliste et écrivain, Mehdi Katou, sur sa page Facebook. 

    Le monument historique – construit à même le littoral – repose sur plusieurs pilotis et est orné d’un dôme en marbre. Selon le site de la commune de la Marsa, l’édifice abritait fêtes et soirées. Son deuxième étage comprenait des appartements secrets dédiés au bey.  

     

    La date de sa construction a fait l’objet de plusieurs hypothèses.  Alors que certains historiens affirment que son édification date des années 20, d’autres la renvoient au début des années 30. Certains attestent même que ce pavillon avait été construit sous le règne d’Ali ben Hussein Bey en guise de résidence estivale, soit vers la deuxième moitié du XIX siècle. 

    Cédé à des privés dans les années 60, le bâtiment a ensuite été converti en restaurants et louanges. Plusieurs modifications ont, d’ailleurs, été apportées à l’architecture de base. En 2012, les pilotis ont été renforcés puis le bâtiment – faisant alors l’objet d’un litige foncier – a fermé ses portes au public, en 2016. 

    L\’Agence de protection et d\’aménagement du littoral (Apal) – actuel propriétaire des lieux – n’a toujours pas bougé le petit doigt pour sauver cet édifice par manque de moyens. Selon une déclaration du maire de la Marsa, Moez Bouraoui, au journal la Presse – datant de 2021 – la municipalité n’avait pas réussi à signer une convention avec l’Apal et bénéficier d’un droit de gestion et d’exploitation de Kobbet El Houa. La demande de classement déposée par la municipalité n\’a, elle, toujours pas abouti. 

     

    Suite à la publication de cet article, nous avons reçu un droit de réponse de la part de Dhafer Berrachid, l’un des propriétaires actuels. Nous le publions dans son intégralité.


    En 1984, la propriété dite Kobbet El Haoua (La Marsa) a été vendue aux enchères par la Municipalité de la Marsa à un privé tunisien. En 1993, elle a été revendue par ce dernier à Mohamed Ridha Berrachid. Suite à son décès en 1999 et, tout naturellement, ses enfants ont hérité du bien (Titre bleu en bonne et due forme).

    Un usage privé a été d’abord fait de Kobbet El Haoua laquelle a été ensuite exploitée comme resto-café par l’un des héritiers dans les années 90. Ultérieurement, elle a été louée en gérance libre. La dernière location qui a fait l’objet d’un litige juridique, s’est étalée de 2000 à 2016 et a pris fin suite à une décision de justice de la Cour de Cassation au profit des héritiers. Elle est en ce moment en leur possession. Les différents locataires l’ont utilisé pour un usage commercial et touristique comme un espace de loisirs et de divertissement.

    En 2015, par un simple hasard, les héritiers ont découvert que soudainement le titre de propriété a été modifié pour intégrer le bien au Domaine Public Maritime (DPM). Ceci a été effectué sur la base d’un simple courrier administratif qui cite un texte paru 10 ans auparavant (décret 1419-2005) relatif à la délimitation du domaine public maritime et ce, bien sûr, sans aucune forme de notification aux propriétaires. Il est important de souligner qu’il ressort des rapports d’expertise mandatés par les tribunaux qu’en comparant ce décret de 2005 aux précédents décrets de délimitation de 1900, 1924 et 1930 celui-ci ne change absolument en rien la situation foncière et topographique de Kobbet el Haoua. Ne s’agissant pas d’une expropriation (qui a ses règles bien précises en droit), il n’y a pas eu de dédommagement non plus. C’était le grand choc ! Après investigation et par comparaisons de documents qui sont tombés sous leurs mains, ils se sont aperçus que l’opération de changement de propriété, faite suite à une « procédure accélérée », n’a pris que cinq jours alors qu’elle prend généralement plusieurs mois, ce qui a suscité chez eux des soupçons de malversations à plusieurs niveaux. Outre la rapidité exceptionnelle de l’opération, ces soupçons sont renforcés par le fait générateur du changement du titre foncier d’une propriété aussi importante que Kobbet El Haoua : une simple lettre d’une demi-page émanant d’un service du ministère de l’équipement adressée à la direction régionale de la conservation foncière de Tunis, et demandant le changement « rapide » de propriété dans le but de la donner en « concession » à un autre privé !!!! 
    C’est tout de même inimaginable de déposséder un citoyen de son bien, objet d’un titre foncier en bonne et due forme, qui lui appartient sans aucune ambiguïté, pour le donner en concession à un autre privé !!! Mais malheureusement telle est la réalité, documents à l’appui.
    De propriétaires d’un bien légué par leur défunt père, la famille Berrachid se retrouve tout simplement spoliée de son patrimoine, sans aucune forme de procédure ni d’information. Une plainte a été donc déposée par les héritiers auprès du Tribunal Administratif et les experts judiciaires désignés par le Tribunal ont tous conclu que le fameux décret 1419-2005 ne s’applique pas à Kobbet El Haoua. Les héritiers ont une confiance totale en la justice qui suit son cours.

    Par ailleurs, il est important de préciser que Kobbet el Haoua a toujours été entretenue par nos soins jusqu’à notre dépossession de notre bien par la mise en place de ces manœuvres de spoliation qui ont été lancées pour servir les intérêts de certaines personnes.

    Des plaintes pour corruption ont également été déposées auprès de l’Instance Vérité et Dignité (IVD) -14 octobre 2016- (une séance d’audition a été réalisée et enregistrée avant que l‘IVD ne ferme) et de l’Instance de Lutte contre la Corruption (INLUCC) -11 janvier 2019-. Deux plaintes pour lesquelles les propriétaires n’ont reçu à ce jour aucune suite… Un autre point d’interrogation !

     

    N.J. 

     

     

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