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Tunisie, la faim de la fin, ça ne mange pas de pain

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    Dans l’Univers, les scientifiques estiment qu’il y a environ deux mille millions de galaxies. Parmi elles, se trouve la Voie Lactée, c’est-à-dire la galaxie qui comprend notre système solaire, et la planète terre notamment. Notamment, parce que la Voie Lactée contient 100 milliards d’autres planètes que la nôtre. Pour finir de relativiser ce qui fait notre quotidien, résumons ainsi l’équation, notre terre appartient à un système qui a 100 milliards d’autres planètes, et ce système tout entier, il en existe deux mille millions d’autres. 

     

    Cette relativité posée, ce mercredi le pouvoir russe s’est félicité des tests concluants sur son nouveau missile balistique intercontinental « Sarmat », d’une portée de 11 000 kilomètres, indétectable aux radars et capable d’emporter 10 ogives nucléaires. Arme nucléaire, le président Poutine la présente comme « une arme unique […] qui assurera la sécurité de la Russie face aux menaces extérieurs, et qui fera réfléchir à deux fois ceux qui essayent de menacer la Russie avec une rhétorique déchainée et agressive ». Et voici donc désormais la théorie de « il m’a mal parlé » reprise à l’échelle des nations.  #oskotkhir

     

    La France qui se veut le porte-drapeau de la subtilité a posé son curseur sur le regard. Et c’est ainsi que lors du débat qui n’en finissait pas de finir entre les deux qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle, les commentateurs ont noté que le président sortant, Emmanuel Macron avait mal regardé Marine Le Pen ancrée à l’extrême droite. Arrogant, prétentieux, professoral, les dernières analyses avant le silence électoral qui précède le vote étaient lacanienne sans que le poids pris par l’extrême droite ne semble gêner quiconque. Dans la France des Lumières, il y a comme un problème de courant politique. #heuresombre

     

    En Tunisie, le président Saïed est tout sauf éteint. Ce vendredi 22 avril, il a ratifié le décret portant modification dans la nomination des membres de l’Instance supérieure indépendante pour les élections. Sur les sept membres qui composent l’Isie, le président en nomme trois parmi les anciens membres, puis trois autres, magistrats, à partir de la liste proposée par le Conseil supérieur de la magistrature, dont le président a préalablement nommé les membres. Et enfin un membre parmi une liste établie par le Centre national de l’informatique dont le président a également préalablement nommé les membres. Les observateurs avertis peuvent être surpris d’une grosse lacune dans ce décret qui a omis de supprimer le mot « indépendant » dans l’acronyme de l’instance qui devrait être rebaptisée « Instance supérieure présidentielle pour les élections ». La même erreur avait été relevée avec le nouveau Conseil supérieur provisoire de la magistrature dont le titre aurait dû être « Conseil présidentiel de la magistrature ». Une certitude peut-être dans ce trouble institutionnel que traverse la Tunisie, la prochaine constitution présidentielle maintiendra fort probablement l’ARP, l’Assemblée des représentants du président. #machaallah

     

    L’Afghanistan quant à elle et comme le reste du monde en pleine Eclipse ukrainienne, vit au rythme des attentats. Ce vendredi, Daech, ennemi mondial de l’être humain, par une énième bombe, a fait 33 morts dans une mosquée soufiste, lors de la prière du vendredi. Précisons que le soufisme est un courant musulman parmi les musulmans, et que le terrorisme qui frappe aveuglement tous ceux qui ne sont pas terroristes, n’a ni nationalité, ni religion. Notons comme postulat qu’une femme avec une foulard sur la tête ne fait pas d’elle une terroriste en puissance. Rappelons que le président Bourguiba était Tunisien, et qu’il n’a jamais interdit le port du voile dans la rue. Fin de la parenthèse.

    L’Afghanistan donc, et cette fois-ci jeudi, a subi deux attentats dans une mosquée Chiite et dans la rue, sur le passage d’un camion transportant des mécaniciens qui allaient travailler dans une usine talibane. 16 morts. Le chiisme, notons-le est un courant de musulmans parmi les musulmans.

    L’Afghanistan toujours, et cette fois-là mardi, a été frappé par un attentant dans une école d’un quartier chiite de Kaboul. Six morts. Dans une école. Des enfants.

    L’Onu est préoccupée, L’Union européenne déjà occupée, et le reste du monde coupé pour se prémunir d’un éventuel afflux massif de migrants afghans. C’est ainsi que le 31 août 2021, les ministres de l’Intérieur des pays membre de l’Union européenne ont déclaré dans un communiqué unanime «Sur la base des enseignements tirés [Syrie – 2015], l’UE et ses Etats membres sont déterminés à agir conjointement pour empêcher la réapparition de mouvements migratoires illégaux, à grande échelle, rencontrés dans le passé ». On estimait à 500 000 le nombre possible de réfugiés afghans. L’Ukraine déplore au 31 mars 2022, le drame d’avoir 4 000 000 de réfugiés qui ont dû fuir une mort certaine dans leur pays.

    Kaboul est à 3000 kilomètres de l’Union européenne, Kiev est à 2000 kilomètres de Bruxelles. Tous se trouvent sur la planète terre, et chacun des habitants sont des êtres humains qui ont en commun ce simple reflexe de vouloir vivre. #autocentré

     

    L’interrogation du moment reste l’état de santé de Vladimir Poutine qui porte physiquement les stigmates d’une maladie. Parkinson, cancer de la thyroïde, les hypothèses fleurissent ici et là, alimentées par des fuites qui parfois viennent du Kremlin lui-même. Une analyse minutieuse des techniques de l’ancien KGB permet de relever qu’une des méthodes pour éviter les coups d’Etat pour des dirigeants autocratiques, est de faire croire à une fin proche, inéluctable, implacable. Tous l’attendent, et personne n’agit. #maladeimaginaire

    Fort de cette théorie, en Tunisie, pays qui sait s’adapter, c’est la misère, la corruption, la crise, la contrebande dont les dirigeants nous annoncent la fin imminente. Le peuple se nourrit de cet espoir, le reste est trop cher, vit par cette perspective, le quotidien est trop sombre, survit dans cette attente, l’avenir est illisible. En Tunisie, pour le moment, on continue à boire les paroles d’une classe dirigeante assoiffée du seul pouvoir, en grignotant quelques miettes de l’expectative d’un système qui change sans réaliser encore, que c’est pour que personne ne bouge. #leguepard

    Les discours, ça ne mange pas de pain, et c’est tant mieux car il vient sérieusement à manquer.

     

    C’est la fin de la semaine, c’est la fin de ce trip, vous pouvez éteindre vos smartphones.

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