Le décès de Mohamed Ben Habib Mekki à Tataouine a soulevé la toile. Les internautes ont pointé ce qu’ils ont considéré comme l’inhumanité de la justice et le comportement hautain d’un magistrat, qui ont conduit à ce drame, fait démenti catégoriquement par le procureur de la République qui avance une autre version.
L\’avocat Souheil Medimegh a pointé du doigt, dans un post Facebook daté du 30 août 2022, « des magistrats avec zéro humanité ».
Et de raconter qu’un conflit civil entre voisins et familles s’est transformé en tragédie, le plaignant étant décédé d’un accident vasculaire cérébral (AVC), dépourvu de sa liberté après que son état de santé s’est détérioré alors qu’il était incarcéré à cause d’une altercation verbale avec le substitut du procureur et que plusieurs demandes de libération ont été formulées.

Un témoignage appuyé par Mostafa Abdelkebir, président de l’Observatoire tunisien des droits de l\’Homme. Dans un statut Facebook daté du 31 août 2022, M. Abdelkebir s’est posé une mutitude d’interrogations dans le cadre de cette affaire suivie par l’observatoire : « Pourquoi a-t-il été carrément arrêté ? Ils auraient pu trouver une solution humaine ?
Pourquoi, toutes les demandes de libération ont été refusées, malgré l’état de santé du prévenu, malgré le type de l’affaire et l’origine du conflit ?
Pourquoi, on ne lui a pas fourni ses médicaments dès le premier jour ?
Pourquoi, pourquoi et pourquoi l’âme humaine n’a plus de valeur ? ».


Contacté par Business News, le procureur de la République près du Tribunal de première instance de Tataouine, Ahmed Boukhris, a affirmé que le défunt n’a pas été incarcéré à cause de son altercation avec le substitut du procureur. Selon lui, le mandat de dépôt a été émis pour trois chefs d’accusation pour détérioration des biens d’autrui avec préméditation, d’usage de force pour récupérer une saisie et de violation des lois et des décisions émises par les autorités. Un mandat de dépôt a été émis contre lui, il a été déféré devant la chambre correctionnelle et la date du 1er septembre 2022 a été fixée pour son procès, avec deux semaines de quarantaine sanitaire.
Concrètement, M. Boukhris a indiqué que le prévenu a été déféré devant la justice le 15 août 2022. Plusieurs demandes de libération ont été soumises à la justice, mais toutes ont été refusées n’étant pas adossées à des justificatifs, a-t-il précisé.
Et de poursuivre : « Le prévenu étant atteint d’une maladie chronique, son état de santé s’est détérioré, il a été transféré à l’hôpital de Médenine. Et suite à rapport relatant son état de santé, le président du Tribunal de première instance de Tataouine a décidé sa libération le 29 août 2022. Mais, le prévenu est décédé un jour après, le 30 août 2022 ».
Ahmed Boukhris a confirmé qu’il y a eu altercation entre le substitut du procureur et le défunt sur un terme que ce dernier à considérer offensant, mais il a affirmé que le substitut s’est rétracté de suite et présenté ses excuses ne sachant pas que le terme était considéré comme insultant dans la région.
Et d\’ajouter que pour toutes plaintes et toutes interrogations, notamment de la part de la famille du défunt, son bureau est ouvert et il est prêt à les accueillir à tout moment.
I.N










