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Ons Jabeur – Le « produit » tunisien qui fait trembler le tennis mondial

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     En cette rentrée 2022, les tunisiens ont le visage crispé. Avec des pénuries d’essence, de sucre, de café et autres produits essentiels, devenues récurrentes, conséquence d’une situation géopolitique mondiale extrêmement volatile, les perspectives pour la Tunisie sont négatives. Selon les agences de notations internationales, les perspectives seraient même sombres. Au milieu de toute cette noirceur, une étoile tunisienne brille de plus en plus fort irradiant les cœurs et visages des tunisiens, qui tournent la tête à chacun de ses passages pour recevoir leur dose de bonheur. « Je suis la ministre du bonheur » déclarait-elle depuis Londres où elle donnait une conférence de presse, pour le coup d’envois de Wimbledon 2022. Pour ceux qui la suivent depuis quelques années, Ons Jabeur, n’est pas seulement la ministre du bonheur, mais celle qui a le plus donné à la Tunisie que tous les gouvernements et ministres confondus depuis au moins dix ans. Comment expliquer son ascension au sommet du tennis mondial ?

    Né à Ksar Hellal en 1994, en plein Sahel tunisien, dans une famille de quatre enfants, Ons, se passionne très tôt pour le tennis. Sous l’impulsion de ses parents, grands passionnés de sports, la jeune fille montre très tôt des aptitudes pour le tennis. « Je gagnerai Roland-Garros » disait-elle souvent étant jeune. Un rêve qui semblait irréalisable dans un pays où les décideurs avait tout misé sur le football et pour cause, ses premières années d’entrainement, Ons, les a passé sur les courts des hôtels de Sousse et jusqu’à son entrée au lycée sportif d’El Menzah à Tunis.

    En 2011 et après des années de compétitions et d’entrainements, Ons, remporte le tournoi de Roland-Garros junior, à l’âge de 16 ans. Après cette victoire, l’athlète se rend rapidement compte que pour passer du niveau Junior au professionnel elle devait disposer de moyens financiers conséquents considérant qu’un « coach » professionnel coûte 2000 euros par semaine, ceci sans compter les autres frais qui s’imposent à chaque joueur professionnel. Beaucoup d’argent que la jeune tunisienne n’avait pas. Plus tard elle révèlera que sans l’aide de sa famille, elle n’aurait jamais passé ce cap, la fédération tunisienne de tennis étant complétement absente.

    En 2017, la jeune tenniswomen, passe le cap des 100 meilleurs joueurs du monde. Elle a alors 22 ans. En 2020, elle fut la première femme arabe et africaine à arriver aux quarts de finale de l’Open d’Australie. Elle répètera l’exploit un an plus tard pendant Wimbledon, avant de remporter son premier titre du circuit WTA : le tournois de Birmingham Classic (2021).

    L’Année 2022, fut pour Ons Jabeur l’année de la consécration, l’année où elle prouve à ses fans et au monde entier qu’elle est l’une des dix meilleures joueuses au monde en remportant l’Open de Madrid. Successivement elle entame le mythique, Wimbledon, où elle se retirera, en finale, contre la polonaise, Kazakhe Elena Rybakina, (3-6, 6-2, 6-2). Demain, samedi 10 septembre 2022, c’est une autre polonaise que Ons, devra affronter pour la finale de l’Us Open, Iga Świątek, numéro une mondiale. « Une finale de reines » (entre la numéro 2 et la numéro 1 mondiale), ont titré ce vendredi 9 septembre, les grands journaux sportif. Mais comment Ons est-elle parvenue en si peu de temps à occuper la deuxième place du classement mondial ?

    Pour ceux qui l’on regardé souvent jouer, la championne tunisienne est passé de bonne joueuse en 2021 à une icône du sport en 2022. L’année précédente, Ons avait beaucoup d’atouts : puissance et technique essentiellement. Mentalement, la championne se laissait souvent submerger par ses émotions et cela était visible sur le court, pendant les parties. Cette année c’est une nouvelle Ons qu’on voit jouer. Plus sure, et plus agile grâce aux quelques kilos en moins dont elle a su se débarrasser, elle est devenue redoutable. Durant Wimbledon, elle a même sorti un coup impossible, classé meilleurs point du tournoi. Demain, elle disputera sa finale « sereine et en pleine procession de ses forces », c’est elle-même qui l’a dit, hier, durant l’interview d’après la demi-finale.

    Au-delà de ce parcours exceptionnel. Toutes ses années les fans de Ons, ont pu apprécier ses sourires, ses blagues, son sens de l’humour, son fair-play et son anglais parfais durant les interviews. « Je suis un pur produit tunisien » hurla-elle un jour aux journalistes. Une phrase qui a donné la chair de poule à chaque tunisien qui regardait la scène. Cette jeune fille de 27 ans qui braque le regard de toute la planète sur la Tunisie et qui parle tête haute et fièrement, voilà ce qui devrait booster l’esprit de millions de jeunes tunisiens. Et c’est ce qui est arrivé ! Aujourd’hui les clubs de tennis en Tunisie son pleins. Le club de Hammem Sousse, où Ons, s’entrainait étant jeune est devenu gigantesque. Et c’est ainsi que Ons Jabeur a créé des milliers de Ons jabeur. Une jeune génération, qui décide d’oser et qui a la culture du dur labeur et de la victoire ensuite, tout comme Ons, est en marche dans les courts tunisiens.

    A regarder de loin la Tunisie semble un pays aride avec très peu de moyen. En réalité c’est un pays d’outsiders. Comme Hannibal, Jugurtha ou encore la Reine Didon, Ons Jabeur, aujourd’hui, arrive à projeter sa puissance hors de son territoire pour livrer bataille et s’imposer ailleurs. Une particularité destinée aux très grands de l’Histoire.

     

    S.A

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