Le professeur de droit constitutionnel, Amin Mahfoudh, a indiqué, dans une déclaration accordée, mardi 20 juin 2023, à Mosaïque FM, que le calendrier de 2022 n’a pas fixé les modalités des élections présidentielles et n’a pas évoqué la situation du président en exercice, élu en vertu d’une ancienne constitution.
« La nouvelle constitution ne dit pas comment va être effectuée la transition vers un nouveau président élu. La constitution de 2014 avait contenu ces dispositions transitoires qui fixaient la date des élections », a-t-il poursuivi.
Amin Mahfoudh, rappelons-le, était membre du Haut comité national consultatif pour la nouvelle République qui a été chargé de rédiger le projet de la nouvelle Constitution. Le projet soumis au chef de l’État a toutefois fini dans les poubelles, Kaïs Saïed ayant déjà rédigé et imposé sa propre constitution.
Dès lors, il n’a eu de cesse de critiquer la constitution de 2022 considérant également que le mandat de Kaïs Saïed avait pris fin à la suite de la substitution de la constitution de 2014 par celle de 2022.
Concernant son éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2024, Kaïs Saïed a eu, pour sa part, ces mots : « Le mandat dure cinq ans donc logiquement c’est en 2024. Pour ce qui est de ma candidature, c’est prématuré d’en parler. Toutefois, je ne me sens pas en concurrence avec qui que ce soit. Je sens que j’endosse une responsabilité et je ne la laisserai pas tomber. Bien évidemment, il y a des élections. Le peuple est juge. Viendra le jour où je passerai le flambeau à mon successeur élu par les Tunisiens ».
Le président de la République a fait savoir qu’il ne pensait pas vraiment à l’idée de se représenter, mais plutôt à l’idée de responsabilité. « Il s’agit d’une question de projet et non d’individus. Comment construire la nouvelle Tunisie. Les rendez-vous électoraux ont été respectés. Avant, je n’étais pas en campagne électorale, mais explicative. Je l’avais dit que je ne pensais pas à me présenter. Les postes ne m’intéressent pas, c’est ma patrie qui m’importe. Je ne suis pas prêt à livrer mon pays à ceux qui n’ont aucun patriotisme. Il faut poser les fondations du futur », a-t-il affirmé dans un discours prononcé en avril à Monastir.
M.B.Z










