Nous voilà à deux semaines de plénières et à près d’une centaine d’heures d’auditions de ministres et de membres du gouvernement au sein de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP). Depuis le 17 novembre 2023, nos chers élus ne s’adonnent qu’à un seul exercice : critiquer, grogner et manifester leur mécontentement au sujet de différents membres du gouvernement d’Ahmed Hachani.
« Votre performance n’est pas satisfaisante ! », « Peu de choses ont été accomplies ! », ou encore « Que fait le ministère ? », sont les expressions qui ont été répétées tour à tour par les députés quel que soit leur bloc ou leur orientation idéologique. Il semblerait, donc, que le gouvernement ne plaise pas, mais alors, absolument pas à notre nouvelle ARP. Mais, cette assemblée ne semble pas avoir le courage de prendre les mesures traduisant leur mécontentement.
Les députés ont critiqué l’inefficacité du gouvernement et l’absence flagrante, selon eux, de mesures visant à lutter contre la dégradation de la situation sociale et économique des citoyens. Certains ont même pointé du doigt, lors d’intervention au sein de l’hémicycle du Bardo ou de passage médiatique, une divergence entre la politique du président de la République et chef de l’exécutif, Kaïs Saïed, et les décisions du gouvernement. Parallèlement à cela, aucun député ou bloc parlementaire n’a évoqué un possible recours à une motion de censure et à un retrait de confiance du gouvernement d’Ahmed Hachani.
Ainsi, le gouvernement n’est pas digne de diriger le pays ! Ce même gouvernement n’applique pas les directives du président ! Ce même gouvernement ne cherche pas à préserver la dignité des Tunisiens et à garantir leur épanouissement économique et social ! Ce même gouvernement servirait les intérêts des bailleurs de fonds et de forces maléfiques ayant pour objectif de faire échouer le processus du 25-Juillet et de porter atteinte à la souveraineté de la Tunisie ! Ce même gouvernement manque considérablement d’imagination et d’ingéniosité dans l’élaboration de stratégies et de politiques publiques ! Or, ce même gouvernement est maintenu et les budgets proposés validés et votés. Étrange discorde et divergence entre les déclarations et les actes des députés.
Bien évidemment, nous ne pouvons pas évoquer cette approche contradictoire sans rappeler que nos élus pourraient, en cas de manœuvre menaçant le gouvernement d’Ahmed Hachani, se retrouver sans emplois. D’après la constitution, si les nouveaux parlementaires déposent deux motions de censure durant la même législature, le président de la République peut soit accepter la démission du Gouvernement soit dissoudre l’ARP. Par ailleurs, le chef de l’État pourrait, encore une fois, évoquer la question du danger imminent et geler ou dissoudre de façon unilatérale le parlement tel qu’il l’avait fait depuis le 25 juillet 2021.
S.G










