Le dossier concernant la suspension de la production des unités polluantes du Groupe chimique tunisien (GCT) à Gabès continue de susciter une attention nationale. L’examen de l’affaire en référé a été reporté au 22 janvier 2026, a annoncé jeudi 8 janvier 2026 Mounir Adouni, président de la section régionale de l’Ordre des avocats de Gabès.
« Le tribunal a répondu favorablement à la demande du chargé du contentieux de l’État de reporter l’audience. J’ai été surpris de voir l’ANPE pointée du doigt, alors que cette dernière ne disposait pas d’études ni de données suffisantes pour proposer des solutions de dépollution », a précisé M. Adouni.
Le barreau régional de Gabès avait saisi le tribunal dans le cadre d’une procédure d’urgence pour demander la suspension de l’activité des unités industrielles identifiées comme sources de pollution, considérées comme dangereuses pour la santé publique. Les avocats mettent en avant la détérioration technique des installations et la production d’émissions gazeuses nocives.
Une situation sanitaire préoccupante
Depuis plusieurs semaines, les habitants de Gabès signalent des émanations de gaz suffocantes provenant du GCT, affectant l’ensemble de la population. Les enfants sont particulièrement exposés, notamment au collège de Chatt Essalem, déjà confronté à plusieurs incidents d’intoxication. Ces derniers ont nécessité des prises en charge dans les écoles et les hôpitaux pour difficultés respiratoires.
Les organisations de la société civile dénoncent un « écocide silencieux », accusant l’État de ne pas avoir respecté ses promesses de mise aux normes ou de fermeture des unités les plus dangereuses. L’inquiétude de la population s’est traduite par des manifestations répétées, dont une grève générale régionale le 21 octobre 2025, qui a mobilisé entre 40.000 et 45.000 citoyens devant le siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) à Gabès. Les manifestants réclament un « air sain », dénoncent les atteintes à la santé publique et demandent le « démantèlement des unités polluantes ».
Un dilemme économique et environnemental
Pour Houcine Rhili, expert en développement et en ressources hydrauliques, la crise environnementale à Gabès est particulièrement complexe. La région dépend économiquement du GCT, mais subit des « impacts environnementaux et sanitaires majeurs ». Selon lui, « la réhabilitation du golfe de Gabès des émissions et rejets de produits chimiques polluants provenant des unités industrielles du GCT prendra près de 150 ans ».
L’expert souligne que « la déconstruction d’une seule unité coûterait cinq milliards de dinars », alors que le complexe compte « treize unités productrices de phosphogypse et de phosphate polluants ». Les finances du GCT ne permettent pas de réhabiliter l’ensemble des installations. Pour M. Rhili, « la solution relève à la fois d’une décision politique et d’un investissement dans des techniques de réduction de la pollution ». Il précise que « 80 % des unités nécessitent une réhabilitation », ce qui pose la question de « l’avenir du phosphate en Tunisie », secteur dont dépendent également « sept à huit sociétés industrielles privées ».
Un appel à l’action urgente
La tension sociale et environnementale à Gabès met en lumière un conflit majeur entre développement économique et protection de l’environnement. Les habitants, soutenus par des experts et des associations de la société civile, réclament des mesures concrètes et immédiates pour protéger la santé publique et garantir un avenir viable à la région.
Les habitants de Gabès dénoncent depuis des années la pollution industrielle et ses effets sur la santé publique. Le dernier épisode d’intoxication a touché plusieurs enfants, pris en charge dans les écoles et les hôpitaux pour des « difficultés respiratoires ». Les organisations de la société civile parlent désormais d’un « écocide silencieux », accusant l’État de n’avoir « jamais tenu ses promesses » sur la mise aux normes ou la fermeture des usines les plus dangereuses.
I.N.















3 commentaires
direction
Un référé c’est supposé etre rapide en fonction de la gravité de la situation et éviter que des évenements viennent compliquer une situation déjà difficile. Dans le cas de Gabes, le tribunal ne gére rien du tout, il attend les ordres. Il a peur de KS qui ne sait pas comment annoncer la continuité du site industriel et il a peur des Gabesiens qui attendent une décision de fermeture du site… si bien qu’il reporte sans cesse.
zaghouan2040
Depuis les premiers essais de la première unité a Gabès il y a 52 années
La fabrication de phosphogypse est une atteinte grave directe et continue a la santé publique locale et a l’environnement local
Des dizaines de milliers de malades chroniques et de décès sont la résultante directe de ce crime d’État
Aujourd’hui ce même État est totalement impuissant a résoudre a court et moyen terme un drame collectif qui dépasse ses capacités très limitées
Le mieux est au moins de dresser une cartographie sérieuse des risques et de mettre en place les actions de prévention contre les émanations toxiques
Parce que ces émanations sont actuellement hors de contrôle
tda
heureusement ‘est un référé, solutionchoisie pour aller très vite,
mais cette audience ne décidera jamais, le dossier est sensible et politique ça doit venir de tout en haut , KS doit prendre cette decision et des mesures nécessaires de soutiens qui suivront si les fermetures sont décidées et qui doit être la bonne décision