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Extradition de Seïf Eddine Makhlouf : le FTDES dénonce une grave violation du droit international des réfugiés

Par Myriam Ben Zineb

L’extradition vers la Tunisie de l’avocat et ancien député d’Al Karama, Seïf Eddine Makhlouf, continue de susciter une vive controverse. Dans un communiqué publié lundi 19 janvier 2026, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) a fermement condamné sa remise par les autorités algériennes aux autorités tunisiennes, estimant qu’il s’agit d’une atteinte flagrante aux conventions internationales relatives au droit d’asile et au principe de non-refoulement.

Une remise malgré une demande d’asile en cours

Selon le FTDES, Seïf Eddine Makhlouf avait déposé une demande d’asile auprès du bureau du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Algérie après avoir purgé une peine de prison pour franchissement irrégulier des frontières. L’organisation souligne que cette procédure était toujours en cours au moment de son transfert vers la Tunisie, et ce, en dépit d’une correspondance officielle du HCR rappelant aux autorités algériennes leurs obligations au regard de la Convention de Genève et du principe de non-refoulement.

Pour le Forum, cette remise constitue « une violation renouvelée du droit international des réfugiés », une atteinte grave au système de protection internationale et une remise en cause du principe interdisant l’extradition de toute personne vers un État où elle risque des poursuites en raison de ses opinions politiques et où les garanties d’un procès équitable ne sont pas assurées.

Un précédent lourd de sens au Maghreb

Dans son communiqué, le FTDES inscrit cette affaire dans une série de précédents jugés alarmants, rappelant notamment la remise en 2012 de l’ancien Premier ministre libyen Al-Baghdadi Al-Mahmoudi aux autorités libyennes, ainsi que l’extradition en 2021 de l’opposant algérien Slimane Bouhafs, pourtant bénéficiaire du statut de réfugié. L’organisation y voit une dérive consistant à transformer le droit d’asile, mécanisme humanitaire et juridique de protection, en un instrument de marchandage politique entre régimes maghrébins.

Appel au respect du principe de non-refoulement

Le FTDES tient les autorités algériennes pour pleinement responsables, sur les plans juridique et moral, des conséquences de cette décision. Il appelle l’ensemble des États de la région à respecter strictement leurs engagements internationaux, notamment ceux découlant de la Convention de Genève et de son Protocole, et à garantir l’indépendance des procédures d’asile vis-à-vis des considérations politiques. Le Forum exhorte également le HCR à intervenir de manière urgente afin de mettre un terme à ce type de pratiques et d’en empêcher la répétition.

Cette position rejoint les déclarations de la famille de Seïf Eddine Makhlouf. Sa sœur, Nedia Makhlouf, a dénoncé une « violation grave du droit international » et une atteinte directe au principe de non-refoulement, affirmant que son frère avait été informé d’un simple transfert administratif avant d’être remis, à son insu, aux autorités tunisiennes à la frontière.

Un contexte judiciaire lourd en Tunisie

Extradé d’Algérie, Seïf Eddine Makhlouf a été placé en détention en Tunisie pour l’exécution de condamnations judiciaires prononcées à son encontre. Le 13 janvier 2026, le Tribunal de première instance de Tunis l’a notamment condamné par contumace à cinq ans de prison avec exécution immédiate pour atteinte à la sûreté de l’État, dans une affaire liée à la divulgation présumée de secrets de la défense nationale et à des accusations portées contre des agents publics.

Pour le FTDES, la combinaison de ce contexte judiciaire et d’une extradition opérée en violation des règles internationales illustre un affaiblissement préoccupant des mécanismes de protection des opposants politiques dans la région, et appelle à une mobilisation pour préserver le droit d’asile de toute instrumentalisation politique.

M.B.Z

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3 commentaires

  1. Roberto Di Camerino

    19 janvier 2026 | 21h35

    Mr C. tu devrais repasser ton PH.D en droit international.

    S’il est un pseudo-politicien qui mérite la prison, c’est bien cet énergumène. Son comportement n’avait rien de celui d’un député : il se conduisait comme un vulgaire videur de boîte de nuit, abusant de la force et du mépris.

    Quant à l’argument brandi par sa sœur au nom des droits de l’homme, il relève de la pure manipulation. Les individus recherchés par la justice et en fuite ne bénéficient d’aucun droit d’asile. Des conventions internationales existent précisément pour extrader les délinquants et les contraindre à répondre de leurs actes devant la loi. Certes, quelques États refusent d’y adhérer, mais encore faudrait-il avoir l’intelligence d’en trouver un : ce voyou en est manifestement incapable.

  2. ZARZOUMIA

    19 janvier 2026 | 20h06

    beaucoup changent encore de vestes , alors que ce petit ***était leur oure ennemi ! ils sont catalogués les nouveaux P.M

  3. HatemC

    19 janvier 2026 | 11h58

    2 etats voyous

    Une extradition qui viole le droit international n’est pas une coopération judiciaire, c’est un arrangement politique. Et quand deux régimes s’entendent pour piétiner le droit d’asile, ils agissent comme des régimes voyous, pas comme des États de droit …
    Un État voyou, ce n’est pas un État qu’on n’aime pas.

    Un état voyou
    – instrumentalise la justice,
    – viole ses engagements internationaux,
    – traite le droit comme une variable d’ajustement politique.

    Dans ce cas précis :
    – l’Algérie trahit le droit d’asile,
    – la Tunisie exploite cette trahison,
    Les deux y trouvent un intérêt sécuritaire et politique immédiat … HC