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Huile végétale subventionnée : pénuries récurrentes, quotas flous et usines menacées

Par Nadya Jennene

Invité de la matinale de Jawhara FM vendredi 20 février 2026, le porte-parole du Groupement professionnel des conditionneurs de l’huile alimentaire végétale subventionnée relevant de la Conect, Jamel El Oref, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation du secteur. En ce début du mois de Ramadan, période marquée par une hausse de la consommation, il a dénoncé une crise devenue, selon lui, « structurelle », faite de pénuries cycliques, d’opacité dans la distribution et de fragilisation croissante des unités de production.

Le responsable a souligné que le problème ne date pas d’hier. « Tous les trois mois, on injecte une certaine quantité sur le marché, puis la pénurie revient », a-t-il expliqué, décrivant un schéma répétitif qui alimente l’inquiétude des consommateurs comme des professionnels. Si des volumes sont effectivement annoncés et distribués, la question centrale demeure celle de leur traçabilité et de leur destination finale.

Selon les données évoquées, le quota mensuel destiné au marché national avoisinerait les quinze mille tonnes — voire légèrement plus — pour une période de deux mois. Or, sur le terrain, les acteurs du secteur affirment ne pas toujours percevoir ces quantités. Le ministre de l’Agriculture aurait récemment indiqué que 40.000 tonnes avaient été importées en 2025 sur un total de 165.000 tonnes prévues. Une annonce qui, loin de rassurer, soulève davantage d’interrogations : ces volumes parviennent-ils réellement aux circuits réglementaires et aux populations ciblées ?

Jamel El Oref met en doute l’efficacité du système de distribution. Certes, le ministère du Commerce dispose de mécanismes de suivi, y compris via des applications numériques permettant de contrôler l’acheminement des produits. Mais sur le terrain, « des points d’interrogation » subsistent : des quantités sont annoncées, mais certains détaillants affirment ne rien recevoir, tandis que d’autres évoquent des ruptures rapides et inexpliquées.

La problématique ne se limite pas à l’insuffisance des quotas. Elle concerne également les circuits parallèles et les pratiques spéculatives. Jamel El Oref a appelé à un renforcement de la surveillance et à une lutte plus ferme contre les intermédiaires et exploitants, selon ses termes. Pour lui, la solution passe à la fois par une meilleure régulation des circuits et par une garantie effective de l’approvisionnement en matière première.

Car derrière la question de la distribution se profile un enjeu industriel majeur. Jamel El Oref a révélé que 46 usines opérant dans le secteur seraient aujourd’hui en grande difficulté. Sans aller jusqu’à parler de faillite imminente, il a évoqué des établissements fragilisés par l’irrégularité de l’approvisionnement en huile brute, indispensable à la continuité de leur activité. Cette instabilité compromet la pérennité des emplois et menace la survie de nombreuses petites et moyennes entreprises.

Il a affirmé que les professionnels avaient multiplié les correspondances auprès des ministères du Commerce, de l’Agriculture et de l’Économie, sans obtenir de réponses concrètes. Des réunions auraient également été tenues avec le ministère des Affaires sociales, au terme desquelles des promesses auraient été formulées, sans traduction tangible sur le terrain.

Au-delà des chiffres et des quotas, l’enjeu est social. Des centaines de familles dépendent de ces unités industrielles. Dans un contexte économique déjà tendu, la moindre interruption de production fragilise davantage un tissu entrepreneurial constitué en grande partie de PME, essentielles à l’équilibre régional et à la stabilité de l’emploi.

Jamel El Oref a lancé un appel pressant à la tenue d’une réunion urgente avec le secrétaire d’État chargé des PME, afin d’examiner des solutions concrètes et durables. À ses yeux, la crise de l’huile végétale subventionnée ne saurait être réduite à une simple question de volumes importés : elle révèle les failles d’un système de régulation qu’il devient impératif de repenser pour garantir, à la fois, la justice sociale et la survie du tissu industriel national.

N.J

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Commentaire

  1. le financier

    Répondre
    20 février 2026 | 11h01

    La solution est simple , plus de subventions pour cette huile importé et payé en devise .
    Pour le bien des finances de l etat cela sera benefique et la population doit consommer de l huile d olive sa sera mieux pour leur santé comme le fond tous les espagnols grec …
    Cette huile importé est un luxe que le pays ne peut pas se permettre .
    Les pauvres n ont rarement le choix mais la ce sont des pseudo pauvre qui reclame cette huile de vidange.

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