Les murs des établissements scolaires tunisiens souffriraient-ils d’une « phobie » particulière ? C’est en ces termes que le ministre de l’Éducation a qualifié les dégâts enregistrés à la suite des dernières intempéries, évoquant une véritable « phobie des murs » après l’effondrement ou la fissuration de nombreuses clôtures sous l’effet des pluies et des inondations.
Derrière la formule, les chiffres sont nettement moins anecdotiques.
879 établissements endommagés
Auditionné mercredi au Parlement, le directeur général des constructions et de l’équipement au ministère de l’Éducation a dressé un état des lieux des dégâts causés par les récentes perturbations climatiques dans plusieurs gouvernorats du pays.
Au total, 879 établissements scolaires ont subi des dommages matériels. Les fortes pluies ont entraîné des infiltrations d’eau dans plusieurs salles de classe, la fissuration de clôtures – dont certaines se sont partiellement effondrées – ainsi que des pannes au niveau des réseaux électriques et d’assainissement. Du matériel pédagogique et des équipements ont également été détériorés.
Ces dégâts ont perturbé le déroulement normal des cours. Dans la plupart des établissements relevant des commissariats régionaux de l’éducation du Grand Tunis, de Nabeul, Monastir, Sousse, Sfax, Zaghouan, Béja, Jendouba, Bizerte et Mahdia, les cours ont été suspendus pendant deux jours. La décision a même été prolongée de deux journées supplémentaires, conformément aux recommandations de la Commission nationale de prévention des catastrophes et d’organisation des secours.
D’autres régions, notamment Kairouan, Kasserine, Kébili et Siliana, ont également enregistré des dégâts à la suite de vents violents.
65 millions de dinars pour les clôtures
Face à l’ampleur des dommages, le responsable a indiqué que 634 projets ont été programmés dans le cadre d’un programme spécifique d’interventions urgentes, pour un coût global estimé à 69,8 millions de dinars.
Sur cette enveloppe, 65 millions de dinars seront consacrés à la réhabilitation et à l’entretien des murs de clôture des établissements scolaires – ces mêmes murs qui semblent concentrer l’essentiel des dégâts observés après les épisodes pluvieux.
Le ministre a par ailleurs souligné que les entreprises ne pouvaient pas mener l’ensemble des chantiers simultanément, expliquant ainsi les retards ou la lenteur des interventions.
Des milliers de projets en cours
Au-delà de l’urgence, le ministère met en avant un programme plus large de réhabilitation des infrastructures éducatives. Selon les données présentées au Parlement, 8.467 projets ont été inscrits au titre de la mise à niveau de 4.304 établissements scolaires, pour un coût total avoisinant 2.307 millions de dinars.
À ce jour, 2.690 projets ont été achevés, 1.047 sont en cours de réalisation, tandis que le reste se trouve encore en phase d’étude.
Entre urgence climatique, fragilité des infrastructures et lourdeur des chantiers, la rentrée se poursuit donc sous le signe des réparations. Quant à la « phobie des murs », elle aura au moins eu le mérite d’illustrer, à sa manière, l’ampleur d’un problème structurel que les intempéries n’ont fait que révéler.
R.B.H











Commentaire
Citoyen_H
ARGENT PERDU
Inutile de jeter l’argent du contribuable dans les poches des escrocs, des corrompus, des fourbes et des vauriens.
Tout est déjà pourri à la base.
L’amateurisme des pseudo-entrepreneurs, des pseudo-maçons, des pseudo-appels d’offres, des pseudo-responsables, + la corruption tous azimuts + les « rétrocommissions » qui sont devenus une discipline olympique sous nos cieux, ont complétement gangrené et ravagé notre société de pingouins !
Le « 7ram » est devenu LÉGION.